Au pouvoir depuis trente ans, le président tchadien Idriss Déby Itno est mort, ce mardi 20 avril 2021, des suites de blessures reçues au combat ce week-end. L’information a été donnée par le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de TV Tchad.
« Le président de la république, chef de l’Etat, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad », rapporte le communiqué.
Militaire de carrière et combattant rebelle, avant de s’emparer du pouvoir par un coup d’Etat en 1990, Idriss Déby Itno venait d’être réélu pour un sixième mandat. L’ancien président de 68 ans n’avait de cesse de se présenter comme un « guerrier ». C’est donc en guerrier qu’il est mort !
Dès l’annonce de sa mort, un conseil militaire dirigé par Mahamat Idriss Déby Itno, un de ses fils, est chargé de le remplacer. « Le conseil s’est aussitôt réuni et a promulgué la charte de transition », a ajouté le général Azem Bermandoa Agouna. Mahamat Idriss Déby Itno est général quatre étoiles et commandant de la garde présidentielle.
Sa prise de pouvoir !
Condamné en 2016 pour crimes contre l’humanité, Idriss Déby Itno était d’abord le commandant en chef de l’armée sous Habré avant de renverser ce dernier en 1990, les armes à la main, grâce, au soutien de la France. Il a exercé un pouvoir sans partage.
Militaire passé par l’Ecole de guerre en France, c’est grâce à l’armée qu’il a assis son pouvoir, encadrée essentiellement par des officiers de son ethnie zaghawa et commandée par ses proches. L’armée du président Déby était considérée comme une des meilleures de la région. Selon les détracteurs, le défunt président régnait volontiers par l’« intimidation » et le népotisme. Il avait placé sa famille ou des proches à des postes-clés de l’armée, de l’appareil d’Etat ou économique, et ne laissait jamais les autres longtemps en place.
Son régime est régulièrement accusé par les ONG internationales de violer les droits humains. Ce fut le cas notamment dans les années 1990, quand sa Garde républicaine et sa police politique étaient accusées de tuer à grande échelle.