En Algérie, un consortium qui compte Arkad, société d’ingénierie italienne contrôlée par le groupe nigérian Shoreline, a signé le 5 mai 2026, un contrat de 1,087 milliard de dollars. Son patron, l’homme d’affaires Kola Karim, a construit ce groupe dans l’énergie au Nigeria avant de chercher des terrains plus lointains.
Kola Karim était d’abord le président du Polo Club de Lagos, plus connu pour ses exploits sportifs que pour ses affaires. En 2012, il entrait dans le pétrole. Il est aujourd’hui Président exécutif de Shoreline Group et joue toujours au polo.
Britannique d’origine nigériane, Kola Karim dirige un groupe actif dans l’énergie, les infrastructures et l’ingénierie. Shoreline a réalisé plus de 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2025. Le groupe est présent au Nigeria, en Tanzanie, en Afrique du Sud, au Kenya, en Ouganda, au Mozambique, en Namibie et au Ghana, avec une plateforme logistique aux Émirats arabes unis.
Son entrée dans le pétrole passe par un bloc que Shell cède. En 2012, Shoreline s’associe au britannique Heritage Oil pour acquérir une participation de 45 % dans OML 30, au Nigeria. Forbes évoque un montant de 850 millions de dollars. Shoreline Natural Resources, constituée en décembre 2010, porte cette participation. L’entreprise revendique aujourd’hui huit champs en production sur le bloc.
Cette participation attire l’attention. En 2013, Kola Karim affirme en conférence de presse que Shoreline, majoritairement détenue par des Nigérians, a mené l’appel d’offres avec Shell, Total et Agip. Il présente Heritage Oil comme un partenaire technique, alors que la presse attribuait l’opération au groupe britannique. Il défend un argument de contenu local.
À l’époque, le groupe emploie déjà 5 000 personnes. Il travaille avec des industriels comme Siemens ou Ericsson, dans les infrastructures, l’import-export et les télécoms, dans six pays africains.
Kola Karim et la conquête des marchés étrangers
En janvier 2024, Shoreline rachète Arkad, spécialiste italien des contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction pour le pétrole et le gaz. Shoreline en détient la majorité, selon The Africa Report. Plus de deux ans plus tard, l’entreprise s’associe à l’égyptien Petrojet pour la deuxième phase du champ de Hassi Bir Rekaiz.
Le client est le groupement formé par Sonatrach et le thaïlandais PTTEP. Le chantier doit ajouter environ 31 500 barils par jour de capacité de traitement de pétrole brut, pour une durée prévue de 39 mois. Le consortium est dirigé par Petrojet, et non par Arkad. L’Égypte avait annoncé une attribution préliminaire en octobre 2025, avant la signature à Alger.
L’Algérie n’est pas le seul terrain. En février 2026, Shoreline a acquis des actifs pétroliers en production aux États-Unis, selon ThisDay. En mai, Shoreline a signé à Nairobi une lettre d’intention avec Accor pour une plateforme hôtelière nationale au Nigeria, adossée à 300 millions de dollars.
L’homme garde aussi un ancrage personnel. Le Forum économique mondial l’a nommé Young Global Leader en 2008. Il a reçu en 2021 le titre traditionnel d’Agbaoye d’Ibadan. Sa fondation familiale, Project Halo, finance des bourses, dont vingt pour des études à Oxford et à Cambridge. Il siège aussi au conseil de Schlumberger Testing & Production Services Nigeria. Mécène de l’art moderne africain, il siège au conseil de Grange Education.
Le président du Polo Club de Lagos de 2012 signe désormais des contrats à Alger, négocie à Nairobi et possède des actifs américains. Le cavalier a élargi son terrain de jeu, sans quitter celui du Niger Delta.