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Oumar Sow : l’homme derrière les grands chantiers du Sénégal

Oumar Sow Oumar Sow
Oumar Sow, président de la CSE, Compagnie Sahélienne d'Entreprises au Sénégal ©️Forbes Afrique

Né à Abidjan en 1962, Oumar Sow grandit entre les chantiers de la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE) fondée par son père. MBA en poche, il rejoint l’entreprise familiale en 1987. Aujourd’hui, il dirige 5 000 employés et un chiffre d’affaires proche de 300 millions d’euros. L’histoire d’un héritier devenu bâtisseur. Portrait. 

Oumar Sow naît le 14 août 1962 à Abidjan. Son père, Aliou Sadio Sow, ingénieur sénégalais, fonde la Compagnie Sahélienne d’Entreprises en 1970. Sa mère, Kadidiatou Diawara, est la sœur de Mohamed Tiecoura Diawara, ancien ministre du Plan sous Félix Houphouët-Boigny. Une famille ancrée dans les cercles du pouvoir et des affaires.

Ainé d’une fratrie de six garçons, Oumar grandit dans la maison familiale de Hann Marinas à Dakar. Le dimanche, son père l’emmène sur les chantiers. L’enfant observe les ouvriers, écoute les échanges avec les contremaîtres, assimile les codes d’un métier qu’il n’a pas choisi. Ces visites l’ennuient. Lui veut jouer, profiter de son temps libre. Mais sans le dire, son père le prépare.

En 1980, baccalauréat obtenu chez les pères maristes du Lycée Cours Sainte-Marie de Hann. Direction la France.Oumar Sow intègre une prépa HEC. L’année la plus difficile de sa vie, dira-t-il plus tard. Rythme militaire, examens constants, vie sociale inexistante. Après un an, il quitte la France sans regret.

Cap sur l’Amérique. UCLA à Los Angeles. New York University – Stern School of Business. Puis Pace University où il décroche un MBA en finance. Les études le passionnent. La finance l’attire. Il envisage une carrière dans ce secteur, mais le devoir familial pèse. Son père attend qu’il rentre.

En 1987, Oumar Sow rejoint la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE). Poste initial : attaché de direction. Dès 1988, direction la Sierra Leone pour administrer un projet routier. Le terrain devient son professeur. Crises politiques, imprévus, gestion humaine. Il apprend vite. En 1994, il prend la direction pays en Guinée. Ministères, Trésor public, cabinets. Il découvre les rouages du pouvoir.

En 2000, l’élection d’Abdoulaye Wade change la donne. Wade s’entoure de ministres jeunes. Oumar Sow devient l’interlocuteur privilégié de cette nouvelle génération au sein de la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE). Il accède au poste de directeur général adjoint. Ses collaborateurs le surnomment toujours « DGA ». Son père reste la figure tutélaire mais passe progressivement le relais.

5 000 employés et sept pays à couvrir pour Oumar Sow

Oumar Sow
Oumar Sow, président de la CSE, Compagnie Sahélienne d’Entreprises au Sénégal ©️Onyx By Audy Valera & Mao

Le 22 août 2017, Aliou Sadio Sow s’éteint à Paris à 84 ans. La succession était écrite depuis longtemps. Oumar ow prend officiellement les commandes. Pas de conflit. Pas de bataille fratricide. Ses frères Ardo et Mohamed l’épaulaient. Le premier supervise les opérations, le second dirige la branche immobilière.

Le Groupe CSE emploie aujourd’hui près de 5 000 personnes. Chiffre d’affaires proche de 300 millions d’euros. Solidement implantée en Afrique de l’Ouest, l’entreprise opère au Sénégal, en Sierra Leone, en Guinée, au Niger, en Gambie, au Liberia. Son empreinte se lit partout. Aéroport international Blaise-Diagne. Train express régional de Dakar. Voie de dégagement nord. Pont de Kolda en Casamance.

Oumar Sow restructure l’entreprise en holding. CSE pour les routes. CSE Immobilier pour le bâtiment. CSE Granulats pour le concassage. Il crée même une filiale dans le secteur pétrolier et gazier. Face à la concurrence chinoise et turque, il mise sur des projets à financement local. Il veut maîtriser la chaîne de valeur et ancrer les savoir-faire au Sénégal.

Au-delà du BTP, Oumar Sow cultive une passion : l’art contemporain. Collectionneur depuis 25 ans, il possède plus de 400 œuvres exposées dans ses résidences. En 2018, inspiré par Le Jardin rouge au Maroc, il crée le Téké Beach à Pointe-Saréne. Une résidence d’artistes sur sept hectares développée avec le sculpteur ivoirien Jems Robert Koko Bi.

Passionné de chevaux, il fait réaliser en 2019 une fresque murale de 500 mètres par les graffeurs Docta et Doxandem. Le thème ? L’Akhal-Teké, race de cheval d’Asie centrale. En 2024, le Téké Beach sert de lieu de tournage à la série « Salma, entre feu et passion ». En novembre 2020, il crée le studio Quatorzerohuit avec le designer Bibi Seck. Une galerie consacrée au design et à l’art contemporain.

En 2025, Oumar Sow devient le deuxième Sénégalais à obtenir sa casaque auprès de France Galop pour son cheval de course Noelle Dorée, monté par le jockey Hugo Journiac. La reconnaissance d’une passion qui ne faiblit pas.

Fidèle à l’esprit humaniste de son père, Oumar prolonge l’action de la Fondation Alioune Sow. Scolarisation. Accès aux soins. Formation professionnelle. Il soutient la jeunesse sénégalaise. Son style de leadership allie rigueur, loyauté et sens du collectif.

L’homme qui voulait faire de la finance dirige finalement l’empire du BTP familial. Chaleureux, presque familier, il tutoie d’entrée ses interlocuteurs plus jeunes. À 63 ans, il prouve qu’un héritage peut devenir un projet de vie.

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