Raffinage de l’or au Ghana – Premier producteur d’or du continent, le Ghana entame une nouvelle phase de sa politique aurifère. Avec l’inauguration de la Royal Ghana Gold Refinery et la signature de nouveaux accords stratégiques, Accra impose le raffinage local de sa production artisanale. Un pari sur la souveraineté pour transformer le « métal jaune » en moteur de croissance nationale.
Le Ghana a officiellement démarré, mercredi 29 janvier 2026, le raffinage local de l’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle. L’opération se déroule à la Gold Coast Refinery, à Accra, dans le cadre d’un accord conclu avec le Ghana Gold Board (GoldBod), l’organisme public désormais chargé de la commercialisation de l’or artisanal.
Longtemps, les mineurs artisanaux du Ghana ont vu leur labeur s’envoler vers l’étranger sous forme de barres brutes, emportant avec lui une part précieuse de la richesse nationale. Cette époque s’achève. Depuis août 2024, et avec une accélération importante prévue pour février 2025, le pays s’est doté des moyens de sa politique : raffiner son or sur son propre sol.
L’inauguration de la Royal Ghana Gold Refinery (RGGR) marque le début de cette ère. Ce projet, né d’un partenariat entre la Banque du Ghana (20 %) et le groupe indien Rosy Royal Minerals (80 %), est une forteresse technologique capable de traiter 400 kilogrammes d’or par jour.
L’enjeu est colossal. Jusqu’ici, plus de 99 % de l’or ghanéen était exporté sans aucune valeur ajoutée. En traitant localement le minerai, le gouvernement capte désormais les revenus du raffinage, crée des centaines d’emplois qualifiés et stabilise sa monnaie.
Raffinage de l’or au Ghana : une traçabilité contre le trafic
Le secteur artisanal, qui représente environ un tiers de la production nationale, est le premier bénéficiaire de cette réforme. Un accord historique vient d’être scellé entre le Ghana Gold Board (GoldBod) et la Gold Coast Refinery. Dès ce mois de février 2025, une tonne d’or brut sera livrée chaque semaine pour être transformée en lingots d’une pureté de 99,99 %.
Cette stratégie vise un ennemi de l’ombre : le commerce illicite. Avec un débouché officiel et transparent aux petits exploitants, l’État assèche les réseaux de contrebande. Pour garantir la crédibilité de son or sur les marchés mondiaux, le Ghana mise sur un laboratoire d’analyse certifié ISO situé à l’aéroport d’Accra. L’objectif final est d’obtenir la certification de la London Bullion Market Association (LBMA), le graal des raffineurs.
Pour le gouverneur de la Banque du Ghana, Ernest Addison, ce projet est la pièce maîtresse d’une stratégie de résilience. L’or raffiné localement permet de constituer des réserves de change solides, protégeant l’économie des chocs extérieurs.
Le Ghana ne veut plus être un simple réservoir de matières premières pour le reste du monde. Avec la prise de contrôle de son or, de l’extraction au lingot final, le pays fait comprendre à tous que la richesse de l’Afrique doit d’abord profiter à ceux qui la foulent.
