Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a manifesté son intention de répliquer le modèle de sa raffinerie Dangote en Afrique de l’Est. Ce projet industriel colossal vise à réduire la dépendance de la région aux importations de produits pétroliers raffinés.
Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, propose de construire une raffinerie de pétrole de classe mondiale en Afrique de l’Est. Ce complexe industriel posséderait une capacité de traitement équivalente à celle de son installation géante située dans la zone franche de Lekki, au Nigéria.
L’offre a été formulée lors du forum économique “Africa We Build Summit” le 23 avril 2026 à Nairobi. Une annonce qui souligne l’ambition du groupe Dangote de devenir le principal fournisseur de carburant du continent. Le projet s’appuie sur une volonté de transformer localement les ressources pour maximiser la valeur ajoutée régionale.
Cette proposition s’invite dans un débat marqué par de fortes vulnérabilités énergétiques pour des pays comme le Kenya, l’Ouganda ou la Tanzanie. Actuellement, l’Afrique de l’Est importe la quasi-totalité de ses besoins en carburant. Elle subit de plein fouet la volatilité des cours mondiaux et les coûts de transport élevés.
La raffinerie de Lagos, dotée d’une capacité de 650 000 barils par jour, sert ici de preuve de concept. En proposant une infrastructure similaire, Aliko Dangote cible un marché en pleine croissance démographique où la demande en énergie double tous les dix ans.
L’enjeu économique est de taille pour les nations de la Communauté d’Afrique de l’Est. Une telle infrastructure permettrait d’économiser des milliards de dollars en devises étrangères chaque année. Au lieu d’exporter du pétrole brut pour importer de l’essence, la région stabiliserait sa balance commerciale.
Pour le secteur industriel local, cela signifie un accès plus fiable et potentiellement moins coûteux aux produits dérivés comme le bitume pour les routes ou les engrais pour l’agriculture. Les créations d’emplois directs et indirects se compteraient en dizaines de milliers durant la phase de construction.
Raffinerie Dangote en Afrique de l’Est : un projet qui dépasse le secteur privé
La concrétisation de ce projet soulève toutefois des questions complexes sur le financement et l’approvisionnement en brut. Alors que la raffinerie de Lagos a nécessité près de 19 milliards de dollars, la mobilisation de tels capitaux en Afrique de l’Est exigera des garanties souveraines solides.
Les pays de la région devront décider s’ils préfèrent collaborer sur un hub unique ou poursuivre leurs propres projets nationaux de raffinage, souvent plus modestes. La dynamique entre le secteur privé nigérian et les gouvernements est-africains sera le moteur principal de cette évolution.
Les prochaines étapes dépendront des études de faisabilité technique et du choix de l’emplacement stratégique, probablement sur la côte tanzanienne ou kényane pour faciliter la logistique maritime.
Il faudra surveiller de près les réactions des acteurs pétroliers internationaux qui dominent actuellement la distribution dans la zone. Si ce projet voit le jour, il pourrait définitivement redessiner la carte de l’influence économique sur le continent. Il déplacerait le centre de gravité industriel vers des acteurs africains intégrés.
