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Saad Jittou : l’ingénieur du désordre urbain

Saad Jittou Saad Jittou
Saad Jittou, PDG de Weego ©️Weego

Dans les grandes métropoles africaines, la mobilité reste un angle mort des politiques urbaines. Réseaux informels, manque de données, désorganisation chronique. Avec Weego, Saad Jittou s’inscrit dans une nouvelle génération d’entrepreneurs qui misent sur la technologie pour structurer des systèmes existants plutôt que les remplacer. 

À Dakar, attendre un bus sans horaire fiable n’a rien d’exceptionnel. Pour Saad Jittou, cette réalité devient un point de départ. Il ne part pas d’une idée abstraite. Il part d’un dysfonctionnement concret, observé sur le terrain. 

L’entrepreneur marocain dirige Weego, une plateforme de mobilité qui agrège différents modes de transport dans une seule interface. Bus, tramway, taxis ou services privés. L’outil permet aux utilisateurs de planifier leurs trajets et d’accéder à une information qui, dans beaucoup de villes africaines, reste difficile à obtenir.

L’entreprise opère entre le Maroc et le Sénégal. Ce choix géographique reflète une réalité du terrain. Dans ces marchés, l’offre de transport existe, mais elle reste fragmentée. Les itinéraires évoluent, les horaires sont instables et les données sont rares. 

Weego se positionne sur ce point précis. Elle ne cherche pas à créer une nouvelle infrastructure. Elle intervient comme une couche technologique qui organise l’existant. Le modèle repose en partie sur la contribution des utilisateurs, qui alimentent la plateforme en informations pour compenser l’absence de données structurées.

Le projet prend forme à Dakar. Saad Jittou y rejoint une équipe qui développe une application de transport public. Le contexte sénégalais sert de laboratoire. La demande de mobilité est forte, mais les outils de gestion restent limités.

De l’expérimentation locale à une ambition plus large

Avant Weego, Saad Jittou lance en 2016 Medina Bike à Marrakech, un service de vélos en libre-service. L’expérience dure un an. Le projet est ensuite cédé à la ville. Cette première initiative lui offre une lecture concrète du secteur. La mobilité dépend autant des infrastructures que des usages et des décisions publiques.

Avec Weego, il change d’approche. Il ne s’agit plus d’introduire un nouvel équipement, mais d’optimiser ce qui existe déjà. Cette orientation rapproche l’entreprise d’un modèle de plateforme, capable de connecter des acteurs sans les remplacer.

Au fil du temps, la startup élargit son positionnement. Elle développe des solutions pour les entreprises qui cherchent à organiser les déplacements de leurs salariés. Dans des villes congestionnées, cette question devient un enjeu direct de productivité. Les retards et les trajets imprévisibles ont un coût.

Cette évolution s’inscrit dans une logique économique plus large. La mobilité n’est plus seulement un service aux usagers. Elle devient un facteur de performance pour les organisations.

Saad Jittou, PDG de Weego

La trajectoire de Saad Jittou gagne en visibilité en 2018 avec une victoire à Seedstars au Maroc. Cette reconnaissance donne une exposition internationale au projet et confirme l’intérêt croissant pour les solutions de mobilité sur le continent.

En 2026, Weego passe une nouvelle étape avec une levée de fonds de 1,1 million de dollars. L’objectif est de renforcer la plateforme et d’accélérer son déploiement. L’entreprise vise désormais une expansion vers d’autres marchés, au-delà de ses bases actuelles.

Saad Jittou : structurer la mobilité, un enjeu économique sous-estimé

Le parcours de Saad Jittou s’inscrit dans une dynamique d’entrepreneurs africains qui s’attaquent à des problèmes structurels à partir d’outils numériques. Dans le cas de la mobilité, l’enjeu dépasse la technologie.

Il touche à l’organisation des villes. À leur capacité à absorber la croissance démographique. À leur efficacité économique. Dans des environnements où les systèmes restent en grande partie informels, la question de la coordination devient centrale.

Weego propose une réponse. Partielle, encore en construction, mais alignée avec un besoin réel. Rendre visibles des flux qui existent déjà, mais qui restent désorganisés.

Saad Jittou évolue dans un secteur où les attentes sont fortes et les contraintes nombreuses. L’avenir de Weego dépendra de sa capacité à s’adapter à des villes aux réalités très différentes. 

Une question demeure. Les plateformes numériques peuvent-elles suffire à structurer des systèmes de transport profondément informels, ou devront-elles s’appuyer sur des transformations plus larges des politiques urbaines ?

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