Le gouvernement burkinabè a annoncé son intention de remplacer les mineurs étrangers par des mineurs locaux, dans une démarche qui consiste à reprendre le contrôle le secteur aurifère burkinabè et à réduire l’influence occidentale sur ses ressources naturelles.
Le président Ibrahim Traoré a exprimé sa volonté de mettre fin aux permis d’exploitation détenus par plusieurs sociétés étrangères. Cette décision est une initiative qui vise à renforcer l’autonomie du Burkina Faso, notamment en matière d’extraction de l’or. Selon les déclarations du président lors d’une émission radiophonique qui marquait ses deux ans au pouvoir, il est inconcevable que le pays, riche en or, continue de dépendre des multinationales pour exploiter ses ressources.
Le plan du gouvernement consiste à révoquer les permis miniers accordés aux entreprises étrangères qui opèrent dans le pays. Bien que les sociétés concernées n’aient pas encore été spécifiées, des entreprises telles qu’Endeavour Mining (Royaume-Uni), West African Resources (Australie), Nordgold (Russie) et Orezone Gold Corporation (Canada) sont actuellement actives dans le secteur aurifère burkinabè. La transition vers des sociétés minières locales devrait permettre au Burkina Faso de mieux contrôler ses richesses naturelles tout en créant davantage d’emplois pour les populations locales.
Depuis le coup d’État de janvier 2022 qui a porté Ibrahim Traoré au pouvoir, le Burkina Faso a progressivement rompu ses liens avec ses partenaires occidentaux. Le président justifie cette rupture par la nécessité de protéger la souveraineté nationale et de renforcer la sécurité du pays. Ce changement d’orientation s’est également accompagné d’un rapprochement avec la Russie.
En avril 2024, le gouvernement burkinabè a suspendu plusieurs médias occidentaux et africains, accusés de diffuser des informations partiales sur des exécutions extrajudiciaires présumées par l’armée nationale. En privilégiant l’exploitation locale de l’or, le pays espère instaurer une gestion plus équitable et durable de son secteur aurifère burkinabè et de ses richesses, en se protégeant par la même occasion des influences extérieures.