Les PME forment plus de 90 % du tissu économique africain et emploient près de 60 % de la population active, selon des données de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD). Éric Kacou, cofondateur et PDG d’Entrepreneurial Solutions Partners (ESP), défend l’idée que le financement seul ne suffit pas à les faire grandir. Son parcours passe par Kigali, où il a dirigé pendant près d’une décennie un programme national de compétitivité. Portrait.
Éric Kacou s’installe à Kigali en 2001 pour OTF Group, un cabinet de conseil en compétitivité tourné vers les marchés émergents. Le Rwanda se reconstruit après le génocide et son économie reste à relancer. L’Ivoirien y travaillera près de dix ans.
Son parcours commence plus tôt, sur les bancs de HEC Montréal, où il obtient en 1997 un baccalauréat en commerce. Il débute chez Monitor, cabinet de stratégie, auprès de groupes du Fortune 500, puis fait partie dès l’origine d’OTF, issu en 2000 de la division de compétitivité nationale de Monitor.
À Kigali, Éric Kacou dirige le Programme national rwandais d’innovation et de compétitivité (RNIC), une initiative présidentielle portée par Paul Kagame pour relancer l’économie par les exportations et l’entrepreneuriat. Il contribue à la stratégie touristique nationale et à la restructuration de l’office du tourisme, et cofonde l’Académie pour le Leadership en Compétitivité et Prospérité (ALCP), qui forme de jeunes leaders rwandais.
En 2010, Éric Kacou confiait à Wharton Magazine que la « métamorphose » du pays prouvait qu’il n’existe « aucune excuse pour le reste de l’Afrique » (citation traduite de l’anglais). Le magazine rappelait que l’économie rwandaise progressait de 8 % par an en moyenne depuis 1994.
Éric Kacou, ESP et le « capital intelligent »
Cofondateur et PDG d’Entrepreneurial Solutions Partners (ESP), cabinet de conseil et d’investissement installé en Côte d’Ivoire, Éric Kacou accompagne des milliers d’entrepreneurs et de dirigeants dans plus de 20 pays africains..
Le « capital intelligent » qu’il défend associe financement et mentorat, avec accès à un écosystème favorable et formations en gestion financière, planification stratégique et gestion des risques, pour que l’entrepreneur pilote sa croissance en autonomie.
Éric Kacou souligne que les entrepreneurs occidentaux disposent souvent d’un réseau de soutien, ce qui est moins répandu en Afrique. La méthode SCALE suit quatre étapes, Select, Commit, Address challenges et Learn & Enhance, qui couvrent la sélection des partenaires et une boucle courte d’apprentissage avec l’entrepreneur.
Le Rwanda revient dans cette histoire pendant la pandémie de Covid-19. ESP y mène un programme dans le tourisme, avec la Fondation Mastercard, qui retient les projets selon la création d’emplois, l’effet d’entraînement sur le secteur et le potentiel d’inspiration. Selon les résultats présentés à Forbes Afrique en juillet 2024, 93 % des emplois ont été protégés et 500 emplois créés.
Forbes Afrique l’avait classé en 2014 au 12e rang de ses « 20 jeunes bâtisseurs de l’Afrique de demain ». Le Forum économique mondial l’a distingué Young Global Leader en 2010 et l’a compté dans ses Global Agenda Councils pour le cycle 2014-2016. L’African Leadership Institute l’a retenu parmi ses Tutu Fellows en 2010.
L’entrepreneur ivoirien siège aux conseils d’administration du Rwanda Development Board, de Novastar Investment Fund et de la CGECI Il est aussi cofondateur et Senior Partner d’Africa Energy Transition Services, qui accompagne acteurs privés et institutionnels dans la transition climatique. Son profil publié en janvier 2026 par l’Africa Growth Fund le dit membre du conseil de Wharton pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Son bagage académique comprend un MBA de Wharton, obtenu en 2004, et un master en administration publique de la Harvard Kennedy School, où il était Mason Fellow. Il a signé plusieurs ouvrages, dont Fly Africa, coécrit avec Hassan El-Houry sur les écarts du secteur aérien africain.
Éric Kacou travaille à la même question depuis son installation à Kigali en 2001, celle des moyens pour une économie, puis pour une entreprise, d’avancer sans tuteur.