Économiste et professeur titulaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Babacar Sène a consacré une partie de ses travaux à la dette publique, à la monnaie et aux marchés financiers. Après deux années comme conseiller technique au ministère de l’Économie, l’État sénégalais lui confie le développement du secteur privé.
Babacar Sène est nommé Directeur du Développement du Secteur Privé lors du Conseil des ministres du 28 octobre 2026. Il exerce au sein de la Direction générale de la Coopération économique et du Développement des Partenariats et du Secteur privé, au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Professeur titulaire des Universités, il enseigne à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et dirige le Laboratoire de Finances pour le Développement.
Né dans le parcours scolaire dakarois, Babacar Sène obtient un baccalauréat série D en 1996. Il poursuit ses études en France, à l’Université de Reims, où il décroche un DEUG en sciences économiques et de gestion en 1998. Il rejoint ensuite l’Université Paris Dauphine. Il y obtient successivement une licence d’économie appliquée en 1999, une maîtrise en 2000 et un DEA d’économie monétaire internationale en 2001.
En 2005, il soutient un doctorat en sciences économiques à Dauphine. Sa thèse porte sur le taux de change réel d’équilibre et la soutenabilité de la dette publique en Afrique subsaharienne. La même année, il publie un document de travail consacré au fardeau virtuel de la dette et au taux de change réel d’équilibre. Cette question des liens entre endettement et équilibre monétaire restera présente dans ses recherches.
Babacar Sène, une carrière universitaire à l’UCAD
Babacar Sène entre à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’UCAD comme assistant stagiaire en 2010 et devient maître de conférences en 2015. Il dirige le Centre de Recherches Économiques Appliquées de 2017 à 2023, coordonne la cellule d’assurance qualité de la faculté en 2019-2020, puis obtient legrade de professeur titulaire en avril 2024.
Sa spécialité est l’économie monétaire et financière. Les publications suivent. En 2013, il cosigne avec Abdrahmane Wane un article de la Brussels Economic Review sur la dette et le taux de change réel d’équilibre.
Il publie ensuite dans Finance Research Letters, le Journal of International Financial Markets, Institutions and Money, la Revue économique et monétaire de la BCEAO et L’Actualité économique de HEC Montréal. En 2020, il coécrit avec Modou Dieng et Mohamed Lamine Mbengue Pratique des marchés de capitaux dans l’UEMOA, un ouvrage de 156 pages publié chez L’Harmattan.
Il dirige le LAFIDEV, un centre qui réunit 21 docteurs et 43 doctorants autour de trois axes de recherche, le financement des États, l’ingénierie bancaire avec la stabilité financière, et la finance au service du développement. Il siège aussi comme éditeur associé de Finance Research Letters.
Entre 2019 et 2022, plusieurs de ses doctorants soutiennent des thèses sur la stabilité financière, les zones monétaires optimales de la CEDEAO, la finance comportementale à la BRVM, le ciblage d’inflation ou les investissements étrangers en Afrique subsaharienne.
Un profil d’expert face au secteur privé
Le passage par l’administration commence en mai 2024. Il devient conseiller technique du ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, chargé des questions macroéconomiques, monétaires et financières.
Le nouveau poste change de terrain. Il met l’économiste face aux entreprises. Les outils restent les mêmes, ceux d’un chercheur qui a étudié le financement des États, la solidité des banques et les marchés de capitaux de l’UEMOA.
Pour une jeune entreprise sénégalaise, ces sujets décident souvent de la survie, parce que l’accès au crédit et aux marchés conditionne la croissance. Au LAFIDEV, 43 doctorants apprennent la finance auprès de lui. Les entreprises du Sénégal auront désormais affaire au même professeur.