Les données sur la santé visuelle au Togo restent peu documentées et peu diffusées auprès du grand public. Fatigue oculaire liée aux écrans, troubles de la vue non corrigés, risques sur la route, ces enjeux touchent une large partie de la population sans que des chiffres précis ne circulent largement. Cette rareté des données donne un poids particulier à la publication d’indicateurs chiffrés par un acteur du secteur optique. Elle pose aussi la question de la place que peuvent occuper les données d’une entreprise privée dans la compréhension des enjeux de santé publique.
Lapaire Togo a organisé, lundi 31 août 2026 à Lomé, une conférence de presse consacrée à la santé visuelle au Togo. L’opticien panafricain y a présenté l’édition 2026 de son Vision Health Index, un outil basé sur 1 149 296 tests de vue réalisés entre 2019 et 2026, dans plus de 120 centres optiques répartis dans huit pays africains.
Au Togo, 252 027 patients ont été examinés dans ce cadre, avec un taux de correction de 21 %, contre une moyenne de 26,1 % sur l’ensemble du réseau. La rencontre était animée par Dorcas Agbolo, chargée du marketing et de la communication de Lapaire Togo.
Les intervenants ont d’abord insisté sur les gestes de prévention. Face à l’utilisation croissante des écrans, ils recommandent de placer l’écran à une distance de 50 à 70 centimètres, de limiter les reflets et d’ajuster la luminosité. La règle du 20-20-20 a été présentée comme repère simple, toutes les 20 minutes, fixer pendant 20 secondes un point situé à environ 6 mètres.
Pour les personnes exposées au soleil, le port de lunettes filtrant 99 à 100 % des UV a été recommandé. La question a aussi été reliée à la sécurité routière. Une vision non corrigée réduit la capacité à évaluer les distances et à s’adapter aux changements de luminosité, ainsi qu’à la productivité au travail.
Le Vision Health Index et les chiffres de la santé visuelle au Togo
Le Togo se classe au deuxième rang des huit pays du réseau en nombre de patients examinés, derrière la Côte d’Ivoire. La myopie concerne 16,7 % des patients togolais, l’hypermétropie 10,8 %, l’astigmatisme 10,9 % et la presbytie 22,1 %, des taux globalement inférieurs à la moyenne des huit pays étudiés.
Le besoin estimé de correction atteint 29,9 %, contre un taux de correction effectif de 21 %, soit un écart de 8,9 points, environ 22 000 patients diagnostiqués mais reparties sans lunettes. Les 18-29 ans représentent 46,2 % des personnes examinées, la tranche d’âge la plus représentée dans les données togolaises.
Ces chiffres proviennent exclusivement des patients reçus dans le réseau Lapaire, et non d’une enquête nationale représentative de l’ensemble de la population togolaise. Lapaire le précise elle-même, ces données doivent être recoupées avec celles des autorités sanitaires et des organismes internationaux pour en tirer des conclusions à l’échelle du pays. Elles constituent néanmoins l’un des rares jeux de données chiffrées disponibles sur le sujet au Togo.
Reste à savoir si ces indicateurs, produits par un acteur commercial, seront repris par les autorités sanitaires togolaises pour orienter des politiques de prévention, ou s’ils resteront cantonnés à la communication d’entreprise autour de la santé visuelle au Togo.