Le Projet d’électrification des zones péri-urbaines de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso a achevé son cycle d’exécution en décembre 2025. Sur huit années de mise en œuvre et 31,42 milliards FCFA investis, le PEPU a raccordé plus de 70 000 ménages au réseau électrique dans les deux plus grandes villes du Burkina Faso. Un bilan présenté le 23 avril 2026, dans un pays où moins d’un quart de la population avait accès à l’électricité en 2020.
Au Burkina Faso, seulement 22,5 % de la population avait accès à l’électricité à la fin de l’année 2020, contre une moyenne sous-régionale de 40 %. Dans les zones périphériques de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, des quartiers entiers se développaient sans jamais être raccordés au réseau.
C’est pour corriger ce déséquilibre structurel que le PEPU a été lancé. Huit ans plus tard, le comité de pilotage de ce projet d’électrification du Burkina Faso en a dressé le bilan. Le coût du projet s’élève à 31,422 milliards FCFA, répartis entre la Banque africaine de développement (BAD), l’État burkinabè et la SONABEL.
Le financement de la BAD, issu du guichet FAD, comprend un prêt et un don pour un total de 22,66 milliards FCFA. Le projet vise à restructurer et renforcer les réseaux électriques de distribution dans les deux villes et à les étendre aux zones péri-urbaines.
Électrification du Burkina Faso : des résultats au-delà des objectifs initiaux
Au 31 décembre 2025, le PEPU avait réalisé 70 215 branchements à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Le bilan de ce projet d’électrification du Burkina Faso affiche également la construction de 223 kilomètres de réseaux moyenne tension en souterrain et l’installation de 4 300 foyers d’éclairage public dans les deux villes.
Le taux d’exécution des différentes composantes du projet est la preuve d’une mise en œuvre globalement maîtrisée. L’intégralité des études prévues a été réalisée, 92,14 % des actions de renforcement des capacités ont été menées à bien, et 96,65 % des activités liées à l’administration et à la gestion du projet ont été exécutées.
Ces chiffres prennent toute leur dimension quand on les ramène à la réalité du terrain. Des quartiers de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso avaient connu un important développement démographique au cours des dix dernières années sans jamais avoir accès à l’électricité. Le PEPU – projet d’électrification du Burkina Faso – a changé cette réalité pour des dizaines de milliers de familles.
L’impact du projet dépasse la seule question du branchement électrique. Accès à l’éclairage, développement d’activités économiques informelles, amélioration des services de santé et d’éducation dans les quartiers desservis. Dans les zones péri-urbaines africaines, l’arrivée de l’électricité reconfigure l’ensemble des conditions de vie.
Pour la SONABEL, opérateur national de l’électricité au Burkina Faso, le PEPU a aussi permis un renforcement des capacités techniques et humaines. La construction des bureaux centraux de conduite à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso modernise la gestion du réseau de distribution et prépare le terrain pour les projets à venir.
Un modèle à répliquer dans un pays encore sous-électrifié
Le bilan du PEPU prend place dans un contexte de forte ambition énergétique nationale. Le gouvernement du Burkina Faso s’est fixé comme objectif d’atteindre un taux d’accès à l’électricité de 60 % au plan national d’ici 2027, avec 90 % en milieu urbain et 30 % au moins en milieu rural. Un objectif ambitieux qui nécessitera de démultiplier les investissements dans le secteur.
Le PEPU n’est pas un programme isolé. Il s’inscrit dans un ensemble plus large de projets énergétiques au Burkina Faso. Le second semestre 2025 a également vu la mise en service de trois centrales solaires dans le cadre du Projet YELEEN, à Ouagadougou Nord-Ouest, Gaoua et Dori, ainsi que la construction de 33 kilomètres de lignes haute tension pour évacuer l’énergie d’une centrale solaire de 42 mégawatts.
Pour les autorités, l’enjeu est désormais de capitaliser sur les enseignements du PEPU pour améliorer la conception des futurs projets. Un investissement ciblé, adossé à une planification rigoureuse, a prouvé sa capacité à produire des résultats concrets. C’est la leçon principale que le Burkina Faso retient de huit années de mise en œuvre.
