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À Lomé, de jeunes chrétiens posent les bases d’un leadership africain sans compromis

À Lomé, de jeunes chrétiens posent les bases d’un leadership africain sans compromis

Comment le chrétien peut-il peser dans l’économie africaine sans renoncer à ses valeurs ? C’est la question centrale qu’a posée la première édition de la « Conférence réussir sans compromis », organisée le 25 février 2026 à Lomé. Un événement à caractère spirituel, mais à portée profondément économique : former des hommes et des femmes capables d’occuper des postes décisionnels dans les entreprises et les institutions du continent, sans se laisser absorber par les logiques qui y règnent.

La capitale togolaise a accueilli la première édition de la « Conférence réussir sans compromis », le 25 février 2026. Thème retenu : « Briller pour Christ dans le monde professionnel  ». Derrière l’intitulé spirituel, une réalité économique concrète. Le leadership chrétien dans le monde professionnel africain est aujourd’hui un sujet qui traverse les entreprises, les administrations et les institutions financières du continent. Des femmes et des hommes de foi qui cherchent à concilier leurs convictions et les exigences d’un environnement souvent hostile à l’intégrité. Cette conférence a offert à plusieurs jeunes professionnels un espace de réflexion, d’outillage et de positionnement.

Le ton a été donné dès l’ouverture. « Le monde professionnel est une jungle », a déclaré d’entrée Samara Wili,  expert en gestion financière avec plus de quinze ans d’expérience et ancien cadre de l’administration fiscale togolaise et cofondateur de l’association YoungPros. Une formule directe, qui résume le ressenti de nombreux jeunes professionnels africains confrontés à des environnements où la corruption, le clientélisme et la conformité aux pratiques informelles constituent souvent le prix d’entrée pour avancer.

C’est précisément ce contexte qui donne tout son sens à cette conférence. En Afrique subsaharienne, la corruption coûte chaque année des milliards de dollars à des économies qui ne peuvent pas se permettre cette hémorragie. Elle ralentit l’investissement, décourage les acteurs qui jouent le jeu des règles, et prive les États de ressources fiscales indispensables. Former des professionnels capables de tenir une ligne d’intégrité dans cette réalité n’est pas seulement un enjeu spirituel.  C’est un enjeu de développement.

Conférence réussir sans compromis : l’identité comme bouclier

Samuel Gbekou, Pasteur, consultant, formateur et fondateur du groupe Divine Solutions, dédié à la valorisation du capital humain, a abordé frontalement la question de l’identité du chrétien en milieu professionnel. Pour lui, le problème de fond n’est pas l’environnement professionnel lui-même. C’est l’absence d’identité du chrétien qui y évolue. « Un chrétien qui ne connaît pas son identité devient avec le temps une copie conforme de son environnement. À contrario, un chrétien qui connaît son identité n’accepte pas la corruption ». Il a appuyé cette conviction sur le texte de 1 Pierre 2:9.

Cette lecture est économiquement pertinente. Les études sur la gouvernance d’entreprise montrent que les comportements éthiques au sein des organisations ne tiennent pas d’abord à des règles extérieures, mais à des convictions intérieures. Un collaborateur qui sait pourquoi il refuse un pot-de-vin résiste mieux qu’un collaborateur qui se contente de suivre un code de conduite qu’il n’a pas intégré. 

L’intervention du Pasteur Samuel Gbekou a également abordé la question de l’excellence sous un angle inattendu, mais redoutablement pragmatique. « L’excellence est votre meilleure arme face à la corruption. Quand vous êtes excellent et irremplaçable, vous négociez en position de force. Vous devez donc devenir tellement bon dans ce que vous faites pour que vos résultats parlent à votre place. » Un appel direct aux jeunes professionnels chrétiens à investir dans leur compétence autant que dans leur foi, pour se construire une position dans laquelle ils n’ont pas à transiger sur l’essentiel.

C’est une thèse que l’économie du travail confirme. Dans des marchés où les réseaux informels et les arrangements opaques dictent souvent les promotions et les contrats, la compétence technique reste le levier le plus difficile à contourner. Un professionnel dont les résultats sont visibles et indiscutables réduit sa dépendance aux jeux d’influence. Il crée sa propre valeur de marché. L’excellence, dans cette lecture, n’est pas seulement une vertu. C’est une position de négociation.

Dr. Namoin Yao-Baglo, Maître de Conférences et enseignant-chercheur à l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA) de l’Université de Lomé, consultante auprès d’entreprises et d’organisations nationales et internationales, a centré son intervention sur ce qu’elle a appelé « le défi de non-conformité »

« Le chrétien a des difficultés à révéler son identité de sel et de lumière. Il se mélange à la masse. Pourtant la Bible nous dit de ne pas nous conformer au siècle présent. Peu importe ce que le monde professionnel nous impose, nous devons être fidèles à nos valeurs et ne pas nous compromettre », a-t-elle déclaré. Une prise de position qui invite les participants à construire une présence professionnelle visible, assumée, au lieu de l’effacement auquel beaucoup cèdent par crainte du rejet ou de la marginalisation.

Cette posture a une traduction économique directe. Les organisations qui valorisent la diversité de pensée et la prise de position éthique produisent des décisions plus solides sur le long terme. Un manager capable de dire non à une pratique douteuse protège son organisation des risques juridiques, réputationnels et financiers qui viennent inévitablement avec les arrangements de façade.

Des attitudes qui font la différence

Tcheka Malou, fondateur du think and do tank “On est ensemble”, plateforme progressive et transnationale dédiée à la valorisation des talents et à la transformation personnelle, a apporté une nuance importante au fil conducteur de la journée. « Le chrétien peut faire des compromis, mais pas n’importe lesquels », a-t-il déclaré. 

Pour le fondateur du think and do tank “On est ensemble”, la ligne de démarcation passe par la relation avec Dieu, qui fournit les directives pour distinguer ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas. Une approche qui invite au discernement du chrétien plutôt qu’à la rigidité.

Cette première édition de la Conférence réussir sans compromis est portée par de jeunes Togolais qui ont fait le pari que la transformation économique du continent passe aussi par la transformation des hommes et des femmes qui y travaillent. L’ambition est de former une génération de professionnels chrétiens capables d’occuper des postes décisionnels dans les entreprises, les institutions publiques et les organisations internationales, sans renoncer à l’intégrité qui devrait fonder leur influence.

Ce pari n’est pas naïf. Il est ancré dans une réalité documentée : les pays qui progressent le plus rapidement sur les indicateurs de gouvernance et de transparence sont aussi ceux qui attirent le plus de capitaux étrangers et qui construisent les bases d’une croissance durable. 

Former des chrétiens qui brillent dans leur environnement professionnel sans se dissoudre dans ses compromis les plus corrosifs, c’est contribuer à construire une génération de leaders africains capables de changer les règles du jeu de l’intérieur. C’est peut-être là le projet le plus ambitieux et le plus nécessaire que porte cette conférence. 

La deuxième édition dira si Lomé est prête à en faire un rendez-vous de référence pour toute l’Afrique de l’Ouest.

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