Au Togo, African Business Immo pose la question qui dérange le secteur du BTP : où sont les talents locaux ? Le 13 mai 2026, Lomé accueille la première Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA). Un événement dédié à la rétention de la main-d’œuvre locale dans le secteur du bâtiment.
La salle de conférence de l’IFAD-Bâtiment de Lomé accueille la première édition de la Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA 2026), mercredi 13 mai 2026. Le thème retenu par African Business Immo (ABI), l’organisation à l’initiative de l’événement, est sans détour : « Conserver la main-d’œuvre locale — Formation, Information, Insertion ». Une journée sur la rétention des talents dans le secteur du BTP africain, à une adresse qui n’a rien d’anodin : l’IFAD-Bâtiment est précisément l’un des principaux instituts de formation aux métiers du bâtiment au Togo.
Le constat que pose cette première édition de la Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA 2026) est structurel. Le secteur du BTP en Afrique a une capacité reconnue d’engendrer des emplois, notamment à travers des technologies intensives en main-d’œuvre. Mais la plupart des entreprises africaines du BTP sont des micro et petites entreprises, souvent informelles, caractérisées par une faible productivité et des conditions de travail insuffisantes.
Ce contexte explique en grande partie pourquoi les professionnels qualifiés, une fois formés, cherchent à exercer ailleurs. Au Togo, le secteur du BTP reste l’un des plus dynamiques en matière d’employabilité. Mais les centres de formation font face à un manque d’équipements modernes et à une inadéquation entre les compétences enseignées et les besoins réels des entreprises.
C’est précisément ce fossé que la Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA 2026) souhaite combler. Les organisateurs de la conférence identifient quatre défis : l’adéquation entre formation et besoins du marché, la valorisation des métiers techniques, l’insertion des diplômés et la mobilité des professionnels qualifiés qui quittent le secteur faute de conditions attractives.
Conférence sur l’Immobilier en Afrique : un dialogue structuré entre trois mondes qui se parlent peu
L’ambition de cette première édition de la Conférence sur l’Immobilier en Afrique est précise. La journée réunira des apprenants et diplômés de centres de formation, des entreprises du BTP et promoteurs immobiliers, des architectes et ingénieurs, des représentants des ministères concernés : Formation professionnelle, Jeunesse, Urbanisme, Développement et des organisations professionnelles.
Le programme prévoit deux panels stratégiques, des témoignages de professionnels et une session de recommandations. Un rapport de synthèse sera produit et transmis aux parties prenantes institutionnelles. L’objectif n’est pas de produire un constat. Il est de générer des engagements concrets : entreprises qui recrutent local, institutions qui forment mieux, pouvoirs publics qui accompagnent.
La rétention de la main-d’œuvre locale dans le BTP est une question économique de premier plan. Chaque maçon, électricien ou conducteur de travaux formé au Togo qui migre vers un autre marché représente un investissement public perdu et un talent absent des chantiers locaux. À l’inverse, un professionnel qualifié qui reste et progresse contribue à la compétitivité des entreprises nationales, à la qualité des infrastructures et à la masse salariale locale.
La Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA 2026) porte le pari que le dialogue entre formation, entreprises et institutions publiques peut produire des solutions que chaque acteur seul ne peut pas générer. Ce pari, African Business Immo le fait depuis Lomé. Il reste à transformer une journée de réflexion en dynamique durable.
