À Ouagadougou, huit établissements scolaires flambant neufs ont été remis officiellement aux populations des régions du Kadiogo et du Nando, le 19 mai 2026. Une somme de 5,82 milliards de FCFA entièrement mobilisés sous forme de dons non remboursables, pour offrir à 10 000 jeunes Burkinabè un avenir professionnel concret.
Le gouvernement du Burkina Faso, l’UNICEF et la Japan International Cooperation Agency (JICA) ont inauguré, mercredi 19 mai 2026, cinq (5) collèges d’enseignement général et trois (3) collèges polyvalents d’enseignement général et de formation techniques et professionnels. Ces huit (8) établissements sont répartis sur deux régions.
Deux dans les communes de Ouagadougou et de Koubri dans la région du Kadiogo, et six autres dans les communes de Bingo, Ramongo et Koudougou, dans la région du Nando. Au total, ces établissements comprennent 54 salles de classe, et leur construction résulte d’un partenariat entre le Burkina Faso, la JICA et l’UNICEF, pour un investissement global de 5,82 milliards de FCFA, soit environ 10,3 millions de dollars.
La totalité de ce montant a été mobilisée sous forme de dons non remboursables. Les huit (8) nouveaux collèges inaugurés en cette année 2026 s’ajoutent aux 18 établissements déjà achevés en 2023 dans les régions du Kadiogo et du Nazinon, le tout sur un financement japonais de plus de 21,6 millions de dollars.
Le chantier éducatif burkinabè est massif. Au Burkina Faso, quelque 42 % des enfants d’âge scolaire ne sont pas à l’école, et plus de 60 % des enfants n’achèvent pas le post-primaire, à cause notamment du manque d’infrastructures éducatives et d’équipements. Plus révélateur encore : seulement 5 % des jeunes âgés de 16 à 35 ans bénéficient de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
C’est précisément ce déséquilibre que le gouvernement cherche à corriger. Pour une adéquation de la formation aux besoins de l’économie nationale, le ministère de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique a décidé de mettre l’accent sur les formations professionnalisantes, avec l’ambition de porter la proportion des apprenants dans l’enseignement et la formation technique et professionnelle à 60 % à l’horizon 2050.
Ces huit collèges s’inscrivent dans cette vision. Les élèves y recevront des formations spécialisées en génie civil, en mécanique automobile et en électricité, appuyées par des laboratoires équipés de matériel de dernière génération. Les établissements sont également dotés de postes d’eau autonomes et d’ouvrages d’assainissement inclusifs, séparés pour filles et garçons.
Former pour répondre aux défis économiques et sociaux
Les huit (8) collèges pourront servir environ 10 000 élèves sur les quinze prochaines années. Ce chiffre, à lui seul, dit la portée réelle de l’investissement. Mais ce qui est peut-être plus significatif encore, c’est le signal politique que porte cette inauguration.
Investir dans la formation technique et professionnelle au Burkina Faso, c’est poser un pari sur l’avenir. Dans un pays traversé par une crise sécuritaire profonde, c’est considérer que la stabilité ne viendra pas seulement des armes, mais aussi de la capacité d’un jeune à sortir de l’école avec un métier entre les mains. Le Premier ministre l’a dit sans détour dans son discours inaugural : « Cette offre éducative n’est plus une alternative, mais une nécessité absolue pour la consolidation de notre croissance et de notre souveraineté économique ».
L’ambassadeur du Japon, Nagashima Jun, a de son côté réaffirmé l’engagement de Tokyo à poursuivre sa coopération avec Ouagadougou sur ce terrain. La JICA et l’UNICEF ne sont pas de simples bailleurs. Ils sont des partenaires techniques qui contribuent à dessiner l’architecture d’un système éducatif plus orienté vers l’employabilité.
Ce que dit en creux cette inauguration, c’est que la formation technique et professionnelle au Burkina Faso change de statut. Elle n’est plus le parent pauvre de l’enseignement classique. Elle devient, officiellement, une priorité nationale. Reste à tenir le rythme : former les enseignants, entretenir les infrastructures, faire entrer les familles dans la culture du métier appris à l’école. C’est là que se jouera la réussite réelle de ce pari éducatif.
Huit collèges. 54 salles de classe. 5,82 milliards de FCFA. Ces chiffres sont importants, mais ils ne disent pas tout. Ce qu’ils traduisent, c’est une décision politique claire. Le Burkina Faso a choisi de miser sur sa jeunesse par la voie du concret, de la technique, du professionnel. Dans un pays où moins d’un jeune sur vingt accède aujourd’hui à la formation technique et professionnelle, chaque salle de classe livrée est une fenêtre d’avenir ouverte. Le chemin vers l’objectif de 60 % à l’horizon 2050 sera long. Mais il vient de gagner huit points d’appui solides.