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Nasha : parcours d’une victime de viols pendant 10 ans à la restauration

Victime de viols – Récemment à travers un communiqué parvenu à la rédaction du magazine Ocean’s News, nous avons pris connaissance de l’histoire tragique de Nasha, victime de viols pendant 10 ans. Cette histoire ressemble à celles de nombreuses femmes et jeunes filles congolaises depuis plusieurs décennies. 

Nasha est née et a grandi en République démocratique du Congo (RDC). Son enfance était tout ce qu’il y a de plus normal. À son septième anniversaire, la petite Nasha ne pouvait en rien imaginer le calvaire qu’elle allait devoir endurer. Un jour, elle est enlevée par des hommes armés sévissant dans la région. 

Emmenée loin de tous ceux qu’elle connaît et que son cœur chérit dans son petit village, elle se fait voler son innocence. À partir de là, Nasha devient l’esclave sexuel de ces hommes. Elle subit viols répétés et violences en tout genre pendant dix longues années. Nasha passe ces dix ans loin de sa famille, parmi ses geôliers qui deviennent familiers. Au fil des années, son identité s’est effacé petit à petit pour ne laisser place qu’à ce que ses bourreaux pouvaient lui dire. Quel poids peut faire le mental d’un enfant face à tant de violences ? La croyant morte, la mère de Nasha avait fait tout le rituel nécessaire pour son enterrement et, résignée, sa famille avait fait son deuil. 

« On dit que la séparation est comme la mort, on ne sait jamais si on se reverra »

Mais en 2018, Nasha qui était morte aux yeux de sa famille retourna dans “son” village natal. Tout lui était désormais étranger. Ce village qui l’avait connu pétillante et pleine de vie ne lui disait plus rien. Comment on réintègre un village qu’on a oublié en oubliant sa propre identité ? Et surtout, comment se réinsérer dans une famille qui la reconnaît à peine et qui, de surcroît, n’accepte pas la jeune femme violée qu’est devenue Nasha ?

Un extrait du communiqué

La Maison Dorcas, la restauration pour mission

De ces kidnappings, certaines victimes n’en reviennent jamais et de ces viols, certaines ne s’en remettent jamais. Mais celles qui s’en sortent vivantes, le docteur Denis Mukwege, celui qu’on surnomme « l’homme qui répare les femmes », les aident à travers des opérations chirurgicales. Gynécologue et obstétricien, le Prix Nobel de la paix 2018, fait de son mieux pour tenter d’effacer les traces des violences sexuelles que ces femmes ont subi.

Denis Mukwege

Nasha l’a rencontré. Le docteur, après avoir pris le temps d’écouter le douloureux témoignage de la jeune victime, l’a opéré. Après sa période de convalescence, Nasha a intégré la Maison Dorcas. Depuis, elle s’est formée en couture et en fabrication de savon à Bukavu, en RDC. La région du Sud-Kivu dans l’est de la RDC est marquée par des décennies de conflits armés et de crises humanitaires. Dans un contexte de violence généralisée, les sévices sexuels ont été utilisés comme arme de guerre de manière systématique par les parties prenantes au conflit. 

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Les conséquences de ces violences sexuelles pour les femmes sont le plus souvent multiples : traumatismes physiques et psychiques, stigmatisation, infection au VIH/SIDA, naissance d’enfant du viol, rejet social et familial. En vue de voler au secours des rescapées de ces violences sexuelles, la Maison Dorcas a été créée. Sa mission est de servir de lieu de transit à ces nombreuses femmes après opération, soin et convalescence. Elle vise la réinsertion et la protection des survivantes des sévices sexuels en RDC. Cela passe par l’éducation, la formation professionnelle et l’activité sportive.

Depuis 2008, la Fondation Panzi et l’hôpital de Panzi offrent des soins médicaux et psychologiques et une assistance juridique et socio-économique à ces femmes. Elle est fondée en 2008 et est présidée par le Docteur Mukwege.

« Je vais trouver l’argent, aider ma famille »

Après ce parcours des plus difficiles, Nasha cherche aujourd’hui à se reconstruire. Grâce au médecin et à sa formation, elle apprend un métier et reprend peu à peu goût à la vie. Elle cherche à s’en sortir, mais surtout, elle souhaite regagner l’estime de sa famille. Elle aspire à devenir indépendante et à pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.

L’histoire de Nasha n’est pas un cas isolé. Nombreux sont ces femmes en République démocratique du Congo qui sont encore victimes de la guerre et du terrorisme. Ces femmes ont besoin d’aide et les instances qui sont censées assurer la paix et la sécurité ont déjà échoué à leur venir en aide. 

Chacun de nous dans son couloir, peut contribuer à aider ces femmes. Soit en faisant des dons à la Maison Dorcas ou tout simplement en faisant entendre d’une manière ou d’une autre les voix de ces milliers de femmes qui subissent les affres de cette guerre interminable.

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Par Paul AMEGNAGLO

Rédacteur en chef Chez Ocean's News

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