Le monde de la tech africaine est en deuil depuis le 8 janvier 2026. Nelly Chatue-Diop, l’ingénieure visionnaire qui a fondé la plateforme Ejara, s’est éteinte à l’âge de 41 ans. Entrepreneure de génie et mathématicienne hors pair, elle laisse derrière elle une révolution financière inachevée, mais solidement amorcée. Portrait.
Ingénieure de formation et figure de proue de la Web3 en Afrique, Nelly Chatue-Diop a transformé le paysage de l’investissement continental. À travers sa plateforme Ejara, elle a offert aux populations exclues du système bancaire un accès sécurisé à l’épargne et aux actifs numériques. Son parcours croise technologies émergentes, finance et inclusion économique, et laisse une empreinte durable sur l’écosystème fintech du continent.
L’ambition de Nelly Chatue-Diop ne connaît aucune frontière géographique. Depuis Douala jusqu’aux centres financiers européens, cette experte en traitement de données impose une vision de l’inclusion financière par le bas de la pyramide. Son nom circule désormais dans les cercles fermés de la tech mondiale. Loin des spéculations volatiles, elle bâtit des ponts entre l’épargne traditionnelle et l’économie numérique.
Le parcours de Nelly Chatue-Diop débute sous le signe de la rigueur scientifique. Née au Cameroun dans les années 1980, elle est devenue l’une des figures les plus influentes de la finance numérique africaine. Lauréate d’une bourse d’excellence du ministère français des Affaires étrangères, elle s’envole à 17 ans pour la France où elle intègre l’Université de Technologie de Compiègne. Elle y décroche un diplôme d’ingénieure. Sa soif d’apprendre la mène ensuite à l’école de commerce HEC Paris pour un MBA.
Cette double compétence devient son arme absolue. Elle passe plus de quinze ans à occuper des postes de direction dans de grands groupes européens. Elle y peaufine son expertise en “Data et Analytics”. Malgré ce succès international, l’envie d’impacter son continent d’origine la pousse à franchir le pas de l’entrepreneuriat.
Ejara : une révolution par le mobile
En 2020, Nelly Chatue-Diop cofonde Ejara avec Baptiste Andrieux. Le projet naît d’un constat simple. Les circuits financiers classiques ignorent une grande partie des populations africaines. Elle décide alors de créer une application mobile intuitive. Cette plateforme permet d’investir quelques euros dans des fractions d’actions ou des cryptomonnaies.
Ejara s’appuie sur la blockchain pour garantir sécurité et transparence et se veut accessible à tous, même à ceux qui débutent dans l’investissement. La plateforme donne aussi accès à des cours d’éducation financière pour renforcer la compréhension des enjeux économiques. La force de la structure repose donc sur une sécurité maximale.

Contrairement à de nombreuses plateformes opaques, Ejara utilise une architecture non-custodiale. L’utilisateur reste le seul maître de ses clés et de ses fonds. Cette transparence attire rapidement les investisseurs. En 2022, Nelly Chatue-Diop boucle une levée de fonds record de 8 millions de dollars. Ce tour de table rassemble des géants comme Dragonfly Capital et Mastree.
Nelly Chatue-Diop, leader engagée pour l’autonomie
La maîtrise technique de Nelly Chatue-Diop s’exprime dans le choix de ses infrastructures. Elle privilégie des protocoles qui supportent les micro-transactions à bas coût. Cette optimisation permet à une vendeuse de marché ou à un étudiant d’épargner quotidiennement de petites sommes.
Elle étudie sans relâche les flux monétaires transfrontaliers. Son projet propose des solutions pour réduire les frais de transfert de fonds, souvent exorbitants vers l’Afrique. Elle transforme le smartphone en un véritable coffre-fort numérique. Cette approche hybride entre finance décentralisée et besoins locaux fait d’elle une référence incontournable de la Fintech.
Pour Nelly Chatue-Diop, l’avenir de l’Afrique passe par l’éducation financière des femmes. Elle observe que ces dernières gèrent souvent le budget familial sans avoir accès à des produits financiers complexes. Elle multiplie les interventions pour encourager l’entrepreneuriat féminin dans la tech.
L’entrepreneure était lucide face aux défis réglementaires. Elle a collaboré avec les autorités pour encadrer l’usage des actifs numériques sur le continent. Sa mort survenue le 8 janvier 2026 laisse un vide immense, mais son héritage technologique demeure un phare pour toute la Fintech continentale.
