ACF Awards 2026 – Chaque année, l’Africa CEO Forum distingue les entreprises et dirigeants qui façonnent concrètement l’économie du continent. Le 14 mai 2026 à Kigali, lors du dîner de gala de l’Africa CEO Forum 2026, six lauréats ont reçu leurs trophées. Six modèles différents, avec la conviction que l’avenir économique de l’Afrique sera construit par les Africains, à l’échelle panafricaine.
Les ACF Awards récompensent chaque année les entreprises, dirigeants et investisseurs ayant contribué de façon significative à la croissance de l’Afrique. Pour l’édition 2026, le jury a retenu six lauréats dans six catégories distinctes, lors de la cérémonie du 14 mai à Kigali, Rwanda.
Du financement des femmes à l’intelligence artificielle souveraine, en passant par la mobilité électrique et les paiements transfrontaliers, les profils retenus dessinent ce que le secteur privé africain produit de plus ambitieux en ce moment.
ACF Awards 2026 : le palmarès complet
- Prix de l’innovation disruptive : Cauridor, la fintech qui reconstruit les rails de paiement
Fondée en 2022 par les entrepreneurs guinéens Oumar Rafiou Barry et Abdoulaye Bah, Cauridor développe une infrastructure de paiement pour rendre les transactions transfrontalières plus économiques, rapides et fiables. La division des rails de paiement représente plus de 90 % de son chiffre d’affaires. En 2024, la fintech a traité un volume total de paiements de 500 millions de dollars, en hausse par rapport aux 300 millions de dollars de 2023.
Cauridor opère aujourd’hui une infrastructure de paiement transfrontalier à travers 36 pays africains. Son réseau de plus de 25 000 agents connecte des opérateurs internationaux comme Western Union, MoneyGram, Ria et Sendwave aux réseaux locaux de mobile money, banques et agents de retrait. Elle porte à 13 millions de dollars le financement total mobilisé depuis sa création, après un investissement de 2 millions de dollars de Proparco annoncé à Nairobi dans le cadre de sa série A, aux côtés de Flourish Ventures et LoftyInc Capital.
- Entreprise familiale : East African Holding, 130 ans d’histoire industrielle en Éthiopie
Fondé en 1891, le conglomérat éthiopien East African Holding est l’un des groupes familiaux les plus anciens du continent. Sous la direction du président Buzuayehu Tadele, le groupe compte aujourd’hui 17 filiales actives dans les biens de grande consommation, l’agroalimentaire, le ciment et les mines.
Une trajectoire transgénérationnelle qui représente exactement ce que le prix Family Business entend reconnaître : une entreprise familiale qui excelle en gouvernance, avec une combinaison du management entrepreneurial et du leadership familial, une vision transgénérationnelle et la volonté de transmettre valeurs et héritage.
- Local Impact Champion : Spiro, la moto électrique qui change les revenus des boda boda
Spiro a déployé plus de 80 000 motos électriques, mis en circulation plus de 300 000 batteries, effectué plus de 30 millions d’échanges de batteries, et établi plus de 2 500 stations d’échange à travers six pays africains. Le groupe opère au Bénin, au Kenya, au Nigeria, au Rwanda, au Togo et en Ouganda.
Le modèle Batterie-as-a-Service de Spiro réduit les coûts opérationnels des conducteurs de 30 à 50 % par rapport aux motos à essence. Pour les chauffeurs boda boda, l’adoption du véhicule électrique peut aller jusqu’à doubler leur revenu quotidien net. La société a levé 150 millions de dollars au total entre octobre 2025 et février 2026, portant à plus de 230 millions de dollars le financement total mobilisé depuis 2022.
- Gender Leader : Ecobank, 780 millions de dollars prêtés aux femmes en 2025
Ecobank Group a enregistré une hausse de 194 % de ses prêts aux entreprises dirigées par des femmes, atteignant 780 millions de dollars en 2025, contre 265 millions de dollars en 2024. Le programme Ellevate, lancé en novembre 2020, est devenu la plus grande initiative bancaire dédiée aux femmes sur le continent, avec plus de 103 000 femmes entrepreneures enregistrées dans 26 pays d’Afrique de l’Ouest, centrale, de l’Est et australe.
En mars 2025, Ecobank Côte d’Ivoire a émis le premier Gender Bond de la zone UEMOA. La banque a levé plus de 11 milliards de FCFA en 48 heures et permis de financer près de 1 200 prêts supplémentaires à des PME dirigées par des femmes. Les femmes entrepreneures font face à un déficit de financement estimé à 42 milliards de dollars sur le continent.
- Champion panafricain : Cassava Technologies, les usines d’IA de Strive Masiyiwa
Cassava Technologies a inauguré la première usine d’IA propulsée par NVIDIA en Afrique du Sud. Cette ouverture a placé la société de Strive Masiyiwa au centre d’une initiative continentale de souveraineté numérique. Le premier site à Johannesburg accueillera 3 000 GPU Nvidia H100. Plus de 90 % de cette capacité est déjà préréservée par des universités, banques et start-up africaines.
Une fois les cinq sites opérationnels en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya, en Égypte et au Maroc, le réseau disposera de 15 000 GPU, suffisants pour entraîner des grands modèles de langage sans exporter les données hors du continent. L’investissement total est estimé à 720 millions de dollars.
- PDG de l’année : Abdul Samad Rabiu, l’architecte industriel du Nigeria
Abdul Samad Rabiu remporte le prix « CEO of the Year » détenu par Idrissa Nassa, lauréat 2025. Abdul Samad Rabiu a fondé BUA Group en 1988. Sous sa direction, le groupe est devenu l’un des plus grands conglomérats privés du Nigeria, avec des participations dans le ciment, le sucre, les huiles alimentaires, la logistique, l’agriculture, les ports et l’immobilier.
À Kigali, l’homme d’affaires nigérians a appelé les gouvernements africains et les acteurs du secteur privé à s’unir autour d’un agenda d’industrialisation, invitant le continent à rompre avec sa dépendance aux exportations de matières premières brutes. BUA Cement et BUA Foods figurent toutes deux parmi les dix sociétés cotées les plus précieuses d’Afrique subsaharienne.
Les six lauréats des ACF Awards 2026 ne partagent pas le même secteur ni le même pays d’origine. Mais leur trajectoire commune pose une question que le continent ne peut plus esquiver : à quand une décennie de passage à l’échelle pour ces modèles qui prouvent, chacun à leur façon, que l’Afrique est capable de produire des solutions globales depuis chez elle ?
