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Free roaming : le Sénégal, le Togo et le Bénin suppriment les surcoûts d’itinérance mobile

free roaming à Lomé free roaming à Lomé

Le coût élevé des communications transfrontalières a longtemps pesé sur les échanges entre pays ouest-africains. Avec l’activation officielle du free roaming à Lomé entre le Sénégal, le Togo et le Bénin le 24 avril 2026 à Lomé, les régulateurs des trois pays concrétisent enfin un engagement pris dans le cadre du règlement communautaire de la CEDEAO de 2017. Ce qui change pour des millions d’abonnés mobiles, et ce que cette avancée révèle sur la dynamique d’intégration numérique en Afrique de l’Ouest.

Depuis le 24 avril 2026, les ressortissants sénégalais, togolais et béninois peuvent recevoir gratuitement leurs appels pendant 30 jours consécutifs lorsqu’ils se trouvent en déplacement dans l’un des trois pays partenaires. L’ARTP du Sénégal, l’ARCEP Togo et l’ARCEP Bénin ont officiellement activé les accords de free roaming à Lomé. 

Une signature qui concrétise la mise en œuvre du règlement communautaire de la CEDEAO relatif à l’itinérance sur les réseaux mobiles. Une décision qui touche directement des dizaines de millions d’usagers.

Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Le Togo comptait 7,98 millions d’abonnés à la téléphonie mobile au premier trimestre 2025, soit une hausse de 10 % en un an. Au Bénin, le nombre réel d’abonnés est estimé à 10,3 millions, pour un taux de pénétration de 78,1 %. 

Le Sénégal, de son côté, dispose d’un marché mobile parmi les plus actifs de la sous-région, avec trois opérateurs en concurrence directe. Ces trois marchés représentent ensemble un bassin de près de 30 millions d’abonnés potentiellement concernés par le dispositif. 

Ce que l’accord de free roaming à Lomé change concrètement

Le dispositif introduit plusieurs mesures structurantes pour les abonnés en déplacement. Les communications sortantes, voix et SMS, seront désormais facturées au tarif local du pays visité. Les services de données mobiles bénéficieront de tarifs préférentiels négociés entre opérateurs. Les surtaxes sur le trafic international entrant et en itinérance entre les trois pays sont supprimées.

L’usage d’Internet en itinérance est encadré avec un plafond annoncé à 2 F CFA par mégaoctet dans le cadre de l’accord Togo-Sénégal. Une baisse radicale par rapport aux tarifs de roaming classique, qui pouvaient atteindre plusieurs centaines de francs CFA par mégaoctet.

Il convient toutefois de préciser une nuance. Le terme « free roaming » ne signifie pas que tout est gratuit. Les accords prévoient la gratuité uniquement pour la réception des appels, dans la limite de 300 minutes par mois. Pour les appels émis, les SMS et la data, les tarifs sont encadrés et plafonnés, mais non nuls. L’objectif est la suppression des surfacturations abusives, pas la gratuité totale des communications.

L’accord du free roaming à Lomé est le fruit d’accords bilatéraux harmonisés, signés en décembre 2025 à Dakar, entre les autorités de régulation des trois pays. Ces ententes s’inscrivent dans une dynamique plus large d’harmonisation des politiques de roaming au sein de l’espace CEDEAO.

Les accords bilatéraux ont été conclus entre le Togo et le Sénégal en décembre 2025, puis entre le Sénégal et le Bénin en janvier 2026. Le fondement juridique est le règlement CEDEAO C/REG.21/12/17 du 16 décembre 2017, qui fixe le cadre de l’itinérance sur les réseaux mobiles dans l’espace communautaire. Neuf ans après son adoption, ce texte commence à produire des effets concrets sur le terrain.

Avec cet accord mis en œuvre avec le Sénégal, le Togo porte à sept le nombre de ses pays partenaires en matière de free roaming, dont six accords déjà opérationnels. Le Togo figure parmi les régulateurs les plus actifs sur ce dossier en Afrique de l’Ouest.

Une ouverture pour les échanges économiques

L’impact dépasse la sphère des communications personnelles. Pour les commerçants, les transporteurs, les entrepreneurs qui opèrent entre Dakar, Lomé et Cotonou, le coût de l’itinérance mobile représentait une charge réelle et souvent imprévisible. Ces accords visent à mettre fin à l’anxiété financière liée aux communications transfrontalières, pour des millions de citoyens, qu’il s’agisse du commerçant sénégalais qui traverse la frontière togolaise ou de l’étudiant béninois en stage à Dakar.

Au Bénin, les opérateurs de réseaux mobiles ont généré un chiffre d’affaires global de 350 milliards de francs CFA en 2025. La suppression des surtaxes sur l’itinérance devrait redistribuer une partie de ces revenus vers une consommation accrue de services mobiles, au bénéfice à la fois des usagers et des opérateurs.

L’ARTP ambitionne d’étendre ce mécanisme à d’autres pays de la CEDEAO encore en phase transitoire, à travers des accords bilatéraux ou multilatéraux. Pour Dahirou Thiam, cette avancée « n’est qu’une étape vers d’autres pistes d’harmonisation plus impactantes », notamment la régulation des services OTT, les technologies satellitaires, la co-régulation et la lutte contre la fraude dans les communications électroniques.

La dynamique soulève néanmoins des questions sur l’intégration numérique des pays de l’Alliance des États du Sahel, dont le retrait de la CEDEAO pourrait compliquer leur participation aux futures extensions du roaming communautaire.

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