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Portrait : Léïla Slimani, journaliste et femme de lettres

Léïla Slimani est née le 3 octobre 1981 à Meknès au Maroc. Journaliste et écrivaine, elle a notamment reçu le prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman « Chanson douce ». En 2017 elle est décorée comme Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Née d’un père banquier et d’une mère médecin, Léïla Slimani est Franco-Marocaine. Une double nationalité qu’elle assume contrairement à d’autres qui le vivent mal. Et comme elle le dit si bien : « Je suis née avec la nationalité française et je me suis toujours sentie 100% française et 100% marocaine, donc je n’ai jamais eu de problème par rapport à ça. Le regard de l’autre je m’en fiche complètement. Je ne me laisse pas enfermer dans des identités. »

Léïla Slimani a fait des études à Paris en classes préparatoires littéraires au Lycée Fénelon. Plus tard, elle obtient un diplôme de l’institut d’études politiques de Paris, s’essaie par la suite au métier de comédienne et fait des études de communication. Ses premiers pas dans le monde des médias se font à l’Express. De là, elle se retrouve au magazine Jeune Afrique en 2008 où elle traitait des sujets touchant à l’Afrique du Nord. Quatre ans après, elle démissionne de la rédaction de Jeune Afrique pour se consacrer à l’écriture littéraire tout en restant pigiste pour le journal.

OCEAN'S NEWS N°15
Portrait : Léïla Slimani, journaliste et femme de lettres
Léïla Slimani

Le parcours bien nourri de Léïla Slimani

Les débuts de Léïla Slimani en tant qu’écrivaine ne se sont pas faits sans embûches. En effet, en 2013, son premier manuscrit est refusé par toutes les maisons d’édition auxquelles elle l’avait envoyé. Elle va alors entamer un stage de deux mois à l’atelier de l’écrivain et éditeur Jean-Marie Laclavetine. Elle avoue d’ailleurs que « Sans Jean-Marie, Dans le jardin de l’ogre sa première œuvre n’existerait pas. »

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Ainsi donc, en 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard Dans le jardin de l’ogre. Dans ce roman, elle aborde l’addiction sexuelle féminine dans un style d’écriture particulier qui a su susciter l’attention de la critique. L’ouvrage est ainsi sélectionné parmi les cinq finalistes pour le prix de Flore 2014. Depuis lors, Léïla Slimani n’a cessé de sortir des ouvrages à succès. En effet, en 2016 elle décroche le prix Goncourt avec son deuxième roman Chanson douce. En décrochant ce prix la jeune Franco-Marocaine venait de devenir la 12e femme à décrocher le Graal depuis la création du prix en 1903.

Le 6 novembre 2017, elle devient la représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie afin de siéger au conseil permanent de l’organisation internationale de la francophonie (OIF). En 2018, elle devient la présidente du prix du Livre Inter et membre du jury du Festival du Cinéma Américain de Beauville. Son dernier roman en date a été publié cette année (2020) et s’intitule « Le pays des autres ». Ce roman est le premier tome d’une trilogie historique sur le Maroc.

Une grande critique

Elle n’y va pas par deux chemins pour dénoncer les injustices et ses prises de position lui ont bien souvent valu des distinctions. En juin 2017, elle reçoit l’out d’or du « coup de gueule » de l’Association des journalistes LGBT pour avoir critiqué la pénalisation de l’homosexualité au Maroc et le contrôle du corps des femmes.

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Léïla Slimani, journaliste et femme de lettres

Également en 2017, lors du second tour de l’élection présidentielle elle apporte son soutien à Emmanuel Macron pour contrer « le déclinisme et la haine » qu’incarne à ses yeux Marine le Pen, mais aussi « par adhésion » car « la jeunesse, la modernité d’Emmanuel Macron – également fervent défenseur de l’égalité des hommes et des femmes – donneront un nouvel élan à la France qui est actuellement enlisée dans une forme de grand pessimisme » estimait l’écrivaine.

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Au cœur de polémiques

Elle sort en 2017 un essai Sexe et Mensonges où est abordé la question de la vie sexuelle au Maroc. Cet essai remarqué de la critique, déclenche une polémique avec les indigènes de la République quand ces critiques iront jusqu’à la qualifier de « native informant », une notion que les études post-coloniales ont forgé pour désigner les personnes de couleur qui surcompensant un complexe d’infériorité à l’égard des blancs, imitent ces derniers pour leur plaire et être reconnues par eux. Ses prises de décisions lui valent de farouches oppositions et sur les réseaux sociaux, elle est régulièrement insultée par des ‘‘racistes’’ et par des ‘‘islamistes’’.

À nos jours, avec la pandémie du coronavirus et le confinement décrété en France, le journal Le Monde lui a ouvert ses colonnes pour un « journal du confinement. Une chronique qui crée déjà la polémique car beaucoup la qualifie ‘‘d’indécente’’ ». Une indécence qu’elle ne contredit cependant pas lorsqu’elle affirme qu’« à la télévision, un homme qui était, j’en suis sûre, bien intentionné, a dit que nous étions tous à égalité face à cette épreuve et que nous devions nous unir. Mais nous ne sommes pas à égalité. Les jours qui viennent vont au contraire creuser, avec une cruauté certaine, les inégalités. »

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Par Aurélie SANHOUIDI

Rédactrice Web chez Ocean's News

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