Ivoiro-américaine, diplômée de l’ESCP Paris, Nathalie Kouassi Akon dirige depuis Accra les opérations de la Société Financière Internationale pour l’Afrique de l’Ouest et le Golfe de Guinée. Vingt-cinq ans entre le capital-investissement privé, la philanthropie stratégique et les institutions multilatérales.
Nathalie Kouassi Akon fait ses études à Abidjan, à l’Université Félix Houphouët-Boigny, où elle obtient une maîtrise en techniques comptables et financières. Elle part ensuite à Paris, à l’École Supérieure de Commerce, et décroche un master en management et stratégie avec une mineure en finance.
Sa carrière s’ouvre sur le capital-investissement à impact. Elle rejoint Equator Capital Partners, un fonds basé en Afrique du Sud, spécialisé dans les institutions financières émergentes entre l’Afrique et l’Asie. Elle y reste quatorze ans, monte jusqu’au rang d’associée et directrice générale pour l’Afrique.
Ces années lui donnent un réflexe que les institutions multilatérales n’enseignent pas toujours spontanément : regarder un marché du point de vue de l’investisseur privé, comprendre ses peurs, ses exigences de rendement, ses contraintes de sortie.
Nathalie Kouassi Akon : la Mastercard Foundation pour apprendre à piloter à grande échelle
Quand elle quitte Equator Capital Partners, Nathalie Kouassi Akon entre dans un autre registre. La Mastercard Foundation lui confie d’abord la direction régionale pour l’Afrique de l’Ouest, centrale et du Nord, puis le poste de directrice exécutive de la plateforme panafricaine.
Pendant plus de quatre ans, elle pilote quatre axes programmatiques dont le genre, l’entrepreneuriat, l’économie numérique, les systèmes agroalimentaires et le climat. Elle coordonne des équipes sur plusieurs pays simultanément. Un passage qui lui apprend à aligner des parties prenantes aux intérêts divergents autour d’objectifs communs. Une compétence qui se révélera déterminante pour la suite.
En septembre 2023, elle intègre la Société Financière Internationale (SFI) à Washington comme directrice mondiale du département Genre et Inclusion économique. Puis le groupe lui confie un rôle opérationnel plus large. Elle devient la directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et le Golfe de Guinée, depuis Accra. Sa mission couvre une dizaine de marchés, avec l’objectif de renforcer le secteur privé, créer des emplois et soutenir un développement inclusif.
Sur le terrain, ses positions sont tranchées. À Cotonou, elle défend la mutualisation des infrastructures contre le réflexe du chacun pour soi. Au Togo, lors de l’atelier sur la Vision 2040, elle réaffirme l’engagement de la SFI à accompagner les réformes structurelles qui rendent le secteur privé possible. En septembre 2025, au Ministère ivoirien du Plan, elle présente un portefeuille SFI pour la Côte d’Ivoire de 657 millions de dollars, répartis entre infrastructures, institutions financières et secteur manufacturier.
Elle dit aussi des choses que peu de représentants d’institutions multilatérales formulent aussi directement. Sur l’Afrique francophone sous-financée en capital-risque, elle pointe trois obstacles précis : la mauvaise structuration des entreprises, la barrière de la langue qui coupe les entrepreneurs francophones des réseaux internationaux, et l’absence de cadres réglementaires adaptés aux startups. Sur les femmes entrepreneures, elle rappelle qu’elles ne reçoivent que 4 % des financements mondiaux en venture capital et que corriger cela fait partie du mandat institutionnel de la SFI.
En parallèle de ses fonctions à la SFI, Nathalie Kouassi Akon siège comme administratrice indépendante à la Banque Populaire du Maroc depuis mars 2021 et préside le comité d’investissement de la Facilité pour le secteur privé de la Banque Africaine de Développement depuis octobre 2022. En 2022, Advance Media l’a classée parmi les cent femmes les plus influentes du continent.