Le gouvernement engage la New Economy Policy du Ghana, un programme d’investissement de 1,5 % du PIB par an de 2027 à 2030, soit environ 10 milliards de dollars. Le président John Dramani Mahama.
Le Ghana lance sa New Economy Policy, un programme d’investissement public d’environ 10 milliards de dollars sur quatre ans, de 2027 à 2030, selon la Stratégie budgétaire 2027 du ministère des Finances. La New Economy Policy du Ghana représente 1,5 % du PIB par an et vise l’emploi, la production locale et les exportations.
Le président John Dramani Mahama l’a présentée le 13 octobre 2026 à Accra, devant des chefs traditionnels, à raison de 2 milliards de dollars par an sur cinq ans. Le détail sera publié dans le budget 2027, attendu début novembre.
Le ministère des Finances retient sept piliers, à savoir la stabilité macroéconomique, l’agriculture commerciale et l’agro-industrie, les réformes de l’énergie, les minerais critiques, le coton, le textile et l’habillement, le tourisme et la culture, et un pôle de fabrication pharmaceutique.
New Economy Policy du Ghana : un financement par les recettes et un excédent primaire réduit
Le programme est financé de deux façons. L’État vise 0,5 % du PIB de recettes supplémentaires et abaisse son objectif d’excédent primaire de 1,5 % à 0,5 % du PIB, ce qui libère 1 % du PIB. Ces ressources sont réservées à la New Economy.
Les mesures de recettes de 2027 rapportent 8,28 milliards de cédis, soit 0,46 % du PIB, grâce notamment aux réformes du régime douanier de suspension et des droits d’accises.
Le président assure que le programme se passe d’emprunt. Le cadre budgétaire repose pourtant sur un excédent primaire réduit, ce qui accroît le besoin de financement intérieur. Le déficit global de 2027 est de 2,9 % du PIB, et aucun eurobond n’est prévu à moyen terme.
Le contexte est favorable. Le FMI prévoit 5,7 % de croissance en 2026 pour le Ghana, contre 4,5 % pour l’Afrique subsaharienne, et 5,2 % en 2027. L’inflation est tombée à 5,3 % en juin 2026 et la dette publique à 45,0 % du PIB, contre 61,6 % fin 2024. Le coût du crédit baisse aussi, avec un taux moyen de prêt des banques de 15,9 % fin août, contre environ 27 % en juin 2025.
Le ministère recense pourtant huit risques budgétaires critiques, dont la volatilité de l’or, du cacao et du pétrole, la masse salariale, les arriérés de l’énergie et le soutien aux entreprises publiques comme COCOBOD et ECG. L’or a rapporté 20 à 21 milliards de dollars d’exportations en 2025, contre 10,3 milliards en 2024.
Des projets concrets, un budget attendu début novembre
Le président cite deux projets. L’usine textile Northshore Apparel Hub, à Savelugu, inaugurée le 28 août 2026, emploie plus de 2 300 personnes, avec 80 % des postes réservés aux femmes et aux publics vulnérables.
Un pôle pharmaceutique dispose déjà d’un terrain, de routes, d’électricité et d’eau, et une société américaine doit visiter le Ghana en novembre. Le ministre Cassiel Ato Forson présentera le budget 2027 début novembre, avant l’échéance légale du 15 novembre.
Le budget dira si les 10 milliards de dollars se traduisent en projets financés, secteur par secteur, et si la New Economy Policy du Ghana tient ses promesses d’emplois sans fragiliser la trajectoire de la dette.