Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Marchal Balou : la vision intégrée des infrastructures ivoiriennes
Paul Obambi : la stature d’un ténor du patronat congolais

Paul Obambi : la stature d’un ténor du patronat congolais

Paul Obambi Paul Obambi
Paul Obambi, fondateur et Président Directeur Général de Sapro Group

Le 30 juillet 2026, Billionaires Africa révèle qu’un permis de prospection sur 253 kilomètres carrés vient d’être accordé au premier opérateur privé de la République du Congo. Après avoir bâti pendant plus de trente ans un empire du transport au pétrole, de la savonnerie au minerai de fer, Paul Obambi ajoute une nouvelle corde à son arc : la cassitérite, minerai de l’étain, un métal dont les prix flambent. À 71 ans, l’homme d’affaires congolais n’a rien perdu de son appétit. Portrait.

Paul Obambi naît en 1954 à Brazzaville, dans le quartier populaire de Poto-Poto. La famille est modeste. Rien, dans ce décor, ne suggère la fortune qu’il bâtira. Il fait ses études à l’Université Marien-Ngouabi de la capitale congolaise et obtient sa licence en économie en 1979.

Il complète sa formation à l’étranger. À Toulouse, il décroche un diplôme d’inspecteur principal au Centre international de perfectionnement des cadres des postes et télécommunications, avec une spécialisation en économie et analyse financière. Ce parcours d’école appliquée le mène à ses premières responsabilités en tant que chef de division, puis directeur à l’Office national des postes et télécommunications au Congo

En 1986, il rejoint le Groupe Pierre Otto Mbongo. Il en démissionne quatre ans plus tard, décidé à créer. En 1990, Paul Obambi rachète la Société des déménagements du Congo (DEMECO). Il ne la garde pas longtemps. Il la revend et utilise le produit de la vente pour créer, en 1992, Translo, sa propre entreprise. La société gère le transit des matériels pétroliers et le parc à conteneurs de Pointe-Noire, port principal du Congo. C’est le point de départ du groupe Sapro.

En 1994, la privatisation des entreprises d’État congolaises lui offre son premier grand coup. Il met la main sur la savonnerie Savco. Le groupe portera par la suite son nom Sapro. L’année suivante, il élargit ses activités aux BTP avec Getrab, qui construira la tour de l’Assurance et Réassurance du Congo à Brazzaville. Fin 2007, il entre dans le pétrole avec l’acquisition de Congo Oil, qui devient X-Congo Oil et s’étend à la distribution en République démocratique du Congo.

Vingt ans après sa création, Sapro compte quatorze filiales dans presque tous les secteurs stratégiques du pays : BTP, parachimie, agroalimentaire, communication via Média International, distribution de carburants via Sapro Oil, gestion portuaire via Translo, immobilier via SCIA, énergie via Energaz.

Jeune Afrique estime, en 2008, le chiffre d’affaires du groupe à plus de 320 milliards de francs CFA, soit environ 488 millions d’euros. Les activités s’étendent au Congo, en Centrafrique, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, mais aussi en France et en Chine. En 2016, La Lettre du Continent le désigne premier opérateur privé de la République du Congo.

Paul Obambi, Mayoko : un pari à 350 millions de dollars

En 2016, Paul Obambi frappe fort. Il rachète à la sud-africaine Exxaro Resources le projet de mine de fer de Mayoko, dans le sud-ouest congolais, pour environ 350 millions de dollars. La transaction fait sensation. Il devient managing director de Sapro Mayoko, chargée de produire et d’exporter le minerai. 

Depuis, un défi structurel plane sur le projet, le transport. Le gisement est enclavé. Il faudrait construire un chemin de fer de 450 kilomètres pour acheminer le minerai jusqu’au port de Pointe-Noire. Paul Obambi a confié à Bloomberg qu’il négociait avec un consortium de banques françaises pour financer cette infrastructure.

En parallèle, il ne cesse d’élargir ses réseaux. Il préside depuis 1997 la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture et des métiers de Brazzaville. Il est fait Chevalier de l’Ordre national du Lion du Sénégal en 2005 et figure au classement des 50 premiers managers africains en 2007. Il préside La Maison de l’Afrique à Paris, structure qui promeut les économies de dix pays francophones et lui permet d’agir en intermédiaire avec les investisseurs étrangers. 

Fin 2015, c’est lui qui pilote une délégation de patrons turcs venus prospecter en République du Congo. Sapro noue des partenariats avec Air France, Bolloré, JCDecaux, Airtel, MTN, Attijariwafa Bank, Heineken. Le carnet d’adresses de Ya Paulo, « grand frère Paul » en lingala, pèse presque autant que ses actifs.

L’étain, le nouveau front

Le 30 juillet 2026, Billionaires Africa révèle une actualité qui dit tout de sa méthode. Le gouvernement congolais a accordé à Plamex-Ressources, société détenue par Paul Obambi, un permis de prospection sur 253 kilomètres carrés dans le département du Kouilou, celui-là même qui abrite Pointe-Noire. 

La cible du permis, c’est la cassitérite, le minerai de l’étain, dont les prix montent, portés par la demande de l’électronique et par des ruptures d’approvisionnement chez les grands producteurs mondiaux. L’autorisation, signée le 18 avril par le ministre d’État aux Mines Pierre Oba, a été publiée au Journal officiel le 4 juin. Elle fait suite à une demande soumise fin 2025.

L’ironie du calendrier n’échappe à personne. La production extractive congolaise se contracte, selon le rapport économique du premier trimestre publié par les autorités. Dans ce climat, un nouveau permis attribué à un opérateur privé est une exception qui interroge autant qu’elle intrigue.

Paul Obambi n’a pas divulgué ce qu’il compte investir, ni sur quelle durée. Ce qu’il a démontré, en revanche, en trente ans de conquête, c’est qu’il sait où poser le prochain jalon avant les autres. Le port de Pointe-Noire, le fer de Mayoko, et désormais l’étain de Kouilou.

À lire aussi :

Strive Masiyiwa, l’empreinte d’un géant

Luc Okalobe : l’ingénieur de la Silicon Valley venu bâtir le cloud souverain africain

Serge Pereira : le grand dessein électrique

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent
Marchal Balou

Marchal Balou : la vision intégrée des infrastructures ivoiriennes

Publicité