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Luc Okalobe : l’ingénieur de la Silicon Valley venu bâtir le cloud souverain africain

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Luc Okalobe : l'ingénieur de la Silicon Valley venu bâtir le cloud souverain africain Luc Okalobe : l'ingénieur de la Silicon Valley venu bâtir le cloud souverain africain

Quinze ans chez Apple, TikTok, Salesforce et IBM. Puis un aller simple pour Pointe-Noire. En 2024, Luc Okalobe fonde Yamify en République du Congo, une plateforme cloud alimentée par GPU et hébergée dans des data centers africains. En août 2025, la startup lève 100 000 dollars en pré-amorçage. 

La question lui est venue sur le terrain. De retour au Congo en 2022 après quinze ans passés à construire les infrastructures d’Apple, TikTok, Salesforce et IBM, Luc Okalobe entend partout les mêmes plaintes d’ingénieurs africains. On parle de la latence qui est trop élevée, des serveurs hébergés en Europe ou aux États-Unis, des paiements locaux qui ne passent pas sur AWS. Pour y répondre, il lance Yamify, un cloud souverain africain dédié à l’intelligence artificielle, fondé en 2024 depuis Brazzaville, et déjà présent à Lagos, Johannesburg et Kinshasa. Portrait.

Luc Okalobe grandit à Pointe-Noire, dans la partie atlantique de la République du Congo. Après son baccalauréat scientifique, il part en France. Il s’inscrit à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, puis à Strasbourg, où il travaille la nuit pour financer sa formation à Supinfo. Ce passage entre emploi et études forge une méthode qu’il retrouvera plus tard dans l’adversité africaine.

En 2006, un stage à San Diego comme ingénieur PHP bascule sa trajectoire. Il découvre une industrie technologique américaine en avance de plusieurs années sur ce qu’il a connu en Europe. La crise financière de 2008 teste immédiatement sa résistance. Il perd son emploi, frôle la perte de son visa. Sans accès aux aides sociales, il s’en sort par sa seule expertise technique. Ses professeurs américains valident l’équivalence de son parcours professionnel. Il rebondit.

Luc Okalobe, quinze ans à l’école des machines mondiales

Luc Okalobe passe quinze ans à mettre en place des infrastructures dans des entreprises comme Apple, TikTok, IBM et Salesforce. Chez Apple, il travaille sur le cloud de l’Apple Watch. Il forge sa définition du métier Un ingénieur logiciel écrit du code, un ingénieur cloud garantit que ce code ne s’arrête jamais. Cette distinction devient sa signature professionnelle et, plus tard, le socle technique de Yamify.

Les licenciements collectifs, les projets abandonnés, les restructurations lui enseignent une réalité sur les grandes entreprises tech. La loyauté n’y existe pas. La compétence, elle, voyage partout.

Fondée en République démocratique du Congo, l’un des environnements les plus instables du continent en matière d’infrastructures, Yamify est mis en place pour fonctionner là où les systèmes tombent le plus souvent en panne. C’est cette contrainte que Luc Okalobe retourne en argument commercial. Si la plateforme tient dans cet environnement, elle tiendra partout.

Surnommée “Heroku pour l’IA en Afrique”, Yamify offre une plateforme cloud où les développeurs peuvent déployer des stacks d’IA alimentées par GPU depuis des data centers africains locaux en moins de soixante secondes, sans matériel coûteux ni dépendance à des serveurs étrangers. Les abonnements se règlent en naira, M-Pesa ou MTN MoMo. Ni carte Visa internationale, ni équipe DevOps interne requise.

En août 2025, Yamify lève 100 000 dollars en pré-amorçage auprès de Felix Anane, un investisseur qui avait repéré Paystack avant tout le monde. La startup ouvre ensuite un tour de table en seed pour lever 500 000 dollars supplémentaires. La plateforme entre en bêta privée en juillet 2025 et enregistre plus de 300 utilisateurs en liste d’attente, dont des fintechs et des agences web de Lagos et Johannesburg.

Luc Okalobe pilote Yamify depuis une base qui s’étend entre San Francisco, Lagos, Johannesburg, Kinshasa et Brazzaville. Sa stratégie commerciale évite délibérément les grands contrats d’entreprise. Il cible des développeurs indépendants, des petites agences web, des étudiants en informatique. Okalobe s’implante dans les hackathons, les universités, les communautés de développeurs. Il veut grandir avec ses premiers utilisateurs, pas les remplacer par de plus gros.

Le marché africain de l’IA est estimé à plus de 6 milliards de dollars d’ici 2030. Moins de 15 % des entreprises technologiques africaines intègrent aujourd’hui l’IA dans leurs opérations, selon un rapport UNESCO. C’est dans ce vide que Yamify s’installe, data center après data center

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