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Rita Babihuga-Nsanze, la vigie qui réveille le capital africain

Rita Babihuga-Nsanze Rita Babihuga-Nsanze
Rita Babihuga-Nsanze, économiste en chef et directrice de la recherche à l'Africa Finance Corporation (AFC)

Les marchés écoutent peu de voix africaines avec cette attention. Rita Babihuga-Nsanze est l’une d’elles. Économiste en chef à l’Africa Finance Corporation, elle a cosigné le rapport State of Africa’s Infrastructure 2026, qui établit que les capitaux domestiques du continent dépassent désormais deux mille milliards de dollars. Un chiffre qui change la conversation sur le financement de l’Afrique.

Pendant des années, le débat sur le financement de l’Afrique a tourné autour d’une seule question : comment attirer les capitaux étrangers. Rita Babihuga-Nsanze pose une question différente. Elle demande pourquoi l’Afrique n’utilise pas mieux ce qu’elle possède déjà.

Pour l’économiste en chef de l’Africa Finance Corporation, le vrai sujet n’est plus de savoir si le capital existe, mais si le continent dispose des systèmes nécessaires pour le mobiliser et le déployer à grande échelle. Cette conviction, défendue sur les plus grandes scènes économiques mondiales, fait de Babihuga-Nsanze l’une des économistes africaines les plus écoutées de sa génération.

Rita Babihuga-Nsanze construit sa formation aux États-Unis. Elle obtient une double licence en informatique et en économie au Smith College, dans le Massachusetts. Ce double ancrage, technique et analytique, lui donne une capacité à lire des structures complexes sans se perdre dans l’abstraction. Elle complète son parcours académique avec un doctorat en économie à l’Université Clark, également dans le Massachusetts, entre 1997 et 2002.

Sa carrière s’ouvre dans les institutions qui mesurent le risque souverain et les cycles macroéconomiques. Elle occupe un poste de vice-présidente senior chez Moody’s Investors Service, dans le groupe des risques souverains sur l’Afrique subsaharienne. Elle passe ensuite à la Banque d’Angleterre comme économiste senior détachée, puis travaille au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Elle prend ensuite la direction de la recherche macroéconomique sur l’Afrique subsaharienne chez Barclays Investment Bank à Londres. Deux décennies à observer les marchés frontières et les économies avancées avec la même rigueur.

Rita Babihuga-Nsanze, AFC et le tournant de 2019

En 2019, Rita Babihuga-Nsanze rejoint l’Africa Finance Corporation (AFC). Elle y occupe le poste de directrice de la recherche et de la stratégie, et joue un rôle central dans le développement des investissements en infrastructure à travers le continent. L’AFC a déployé environ 13 milliards de dollars dans des actifs d’infrastructure depuis sa création en 2007.

À l’AFC, elle oriente ses recherches sur ce qu’elle appelle la « prime de risque africaine », ce surcoût que les marchés internationaux appliquent aux projets africains, souvent sans justification économique solide. Elle publie des travaux sur la trajectoire climatique du continent et sur les modèles de financement alternatifs capables de substituer partiellement les capitaux étrangers.

Rita Babihuga-Nsanze
Rita Babihuga-Nsanze, économiste en chef et directrice de la recherche à l’Africa Finance Corporation (AFC)

En avril 2026, l’AFC publie le State of Africa’s Infrastructure Report 2026, lancé au sommet The Africa We Build à Nairobi. Le rapport produit un chiffre qui retient l’attention. Les réserves non bancaires du continent ont dépassé deux mille milliards de dollars à fin 2025. Les flux externes cumulés vers l’Afrique entre 2014 et 2024 ont atteint environ 1 700 milliards de dollars sur la même période. Pour la première fois, le capital domestique africain dépasse le cumul des financements extérieurs de la décennie.

Le rapport identifie trois obstacles principaux à la conversion de ces capitaux en investissements productifs : le manque de projets bancables, la faiblesse de l’intermédiation financière et l’insuffisance des mécanismes de partage du risque. Dans le secteur de l’aviation, Rita Babihuga-Nsanze souligne que le transport aérien représente un levier immédiat pour l’intégration continentale, en citant l’exemple du Kenya, du Rwanda et de l’Éthiopie, où l’aviation contribue à hauteur de 5,5 milliards de dollars au PIB combiné et soutient environ un million d’emplois.

La prochaine étape sera de traduire les conclusions du rapport 2026 en mécanismes concrets. Des fonds de pension capables d’investir dans des projets d’infrastructure à long terme. Des instruments de partage du risque accessibles aux États plus fragiles. Une intermédiation financière qui transforme l’épargne en routes, en énergie et en connectivité. 

Rita Babihuga-Nsanze est le prototype d’une génération d’économistes africains formés dans les meilleures institutions mondiales et revenus travailler pour le continent avec une méthode rigoureuse. 

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