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L’Edito : le médicament, l’autre urgence sanitaire de l’Afrique

L’Edito : le médicament, l’autre urgence sanitaire de l’Afrique

Industrie pharmaceutique africaine Industrie pharmaceutique africaine

Industrie pharmaceutique africaine – L’Afrique porte 25 % du fardeau mondial des maladies. Elle ne produit que 3 % des médicaments qu’elle consomme. Entre 70 et 90 % de ses besoins pharmaceutiques sont couverts par des importations venues d’Inde, de Chine, d’Europe. Et 99 % de ses vaccins arrivent de l’étranger. Ce sont les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Ces données circulent dans les rapports de l’industrie pharmaceutique africaine depuis des années. Elles provoquent des déclarations d’intention dans les sommets continentaux. Puis le silence reprend. Mais derrière ces chiffres, il y a une réalité que les statistiques ne capturent pas. Une réalité humaine, quotidienne, invisible. Elle se passe dans les cabinets médicaux, dans les pharmacies de quartier, dans les hôpitaux sous-équipés de Lomé, Dakar, Kinshasa ou Abidjan. Elle a un nom : le vide déontologique dans la visite médicale en Afrique.

En Afrique francophone, la relation entre le délégué médical et le médecin prescripteur reste un angle mort de la santé publique. Le délégué médical est l’interface entre le laboratoire pharmaceutique et le prescripteur. Il est censé informer, expliquer, orienter. Mais dans un environnement sans cadre réglementaire clair, sans formation standardisée, sans code de conduite formalisé, cette relation devient parfois une négociation commerciale déguisée. Le médicament le plus prescrit n’est pas toujours le plus adapté. Il est souvent celui dont le représentant est passé en dernier.

Les conséquences sont directes. Des prescriptions orientées. Des patients exposés à des traitements inadaptés. Des résistances aux antibiotiques qui s’accélèrent. Un système de santé fragilisé par l’intérieur, non pas par manque de moyens seulement, mais par manque de rigueur professionnelle.

L’Afrique importe par ailleurs plus de 95 % de ses principes pharmaceutiques actifs, principalement d’Inde et de Chine, selon une étude publiée par The Conversation en décembre 2025. Cette dépendance structurelle rend les médicaments chers, leur approvisionnement peu fiable, et expose les populations africaines aux ruptures de stock dès que les chaînes logistiques internationales sont perturbées. La pandémie de Covid-19 l’a démontré brutalement.

Industrie pharmaceutique africaine : ces leaders qui brisent le silence pour changer la donne

Ce n’est pas une accusation. C’est un constat que posent depuis des années ceux qui travaillent dans le secteur. Parmi eux, Paulin Ayawovi Dickewu. Togolais, fondateur du cabinet Dicks Consulting, il a forgé son expertise sur trois décennies de terrain. Pfizer, Aventis, Roussel Uclaf, Tridem. Un parcours construit dans les tranchées de l’industrie pharmaceutique africaine, là où les théories s’effacent devant les réalités du terrain.

Paulin Dickewu a choisi de rompre le silence. Son livre, Délégué médical, fondements déontologiques, publié sur Amazon, est le premier ouvrage en Afrique francophone à poser les bases d’un cadre éthique pour cette profession. Il ne s’adresse pas uniquement aux délégués médicaux. Il s’adresse aux directions des laboratoires, aux médecins prescripteurs, aux autorités sanitaires, à tous ceux qui ont une responsabilité dans la chaîne du médicament.

L’industrie pharmaceutique africaine était estimée à 27,65 milliards de dollars en 2024, selon Grand View Research. Il devrait atteindre 37 milliards de dollars d’ici 2033, avec un taux de croissance annuel moyen de 8,7 %, selon les mêmes projections. Cette croissance est une opportunité. Elle peut aussi devenir un risque supplémentaire si les pratiques de promotion pharmaceutique restent sans encadrement sérieux. L’enjeu n’est pas seulement économique. Il est éthique. Il est sanitaire. Il est politique au sens noble du terme.

Ocean’s News a choisi de lui ouvrir les colonnes de son 36e numéro. Dans une interview exclusive, Paulin Dickewu dit ce qu’il pense sans détour. Ce qui dysfonctionne. Ce qui doit changer. Et pourquoi l’Afrique ne peut plus se permettre d’attendre.

Parce que tant que le médicament restera une marchandise comme les autres, le patient africain en paiera le prix.

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