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Ndiamé Diop, l’économiste des grands portefeuilles

Ndiamé Diop Ndiamé Diop
Ndiamé Diop, Josiane Tchoungui, Portrait de la semaine n°94

Nommé en mai 2025 vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique orientale et australe, Ndiamé Diop a passé plus de vingt-cinq ans à lire les économies de quatre régions du monde. Le Sénégalais dirige aujourd’hui, depuis Nairobi, un portefeuille de plus de 76 milliards de dollars. Portrait. 

À Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, Ndiamé Diop a devant lui un dossier malgache. Le 12 octobre 2026, un taux de décaissement d’environ 31 % pour l’exercice précédent. Une compagnie d’électricité, Jirama, dont la gouvernance figure parmi les réformes prioritaires. Un projet hydroélectrique, Volobe, dont le financement n’est pas bouclé. Cette grammaire de chiffres et de réformes, il la parle depuis longtemps.

Diplômé de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, Ndiamé Diop obtient un doctorat en économie en 2000. La même année, la Banque mondiale l’accueille à Washington dans son programme des jeunes professionnels. Il a le titre, il lui reste le terrain.

Le terrain commence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ndiamé Diop est économiste principal pour la Jordanie et le Liban. Il représente aussi la Banque en Tunisie, pendant trois ans à partir de 2007.

L’Asie l’attend ensuite. À Jakarta, il est économiste principal pour l’Indonésie, puis dirige l’unité macroéconomie, commerce et investissement pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, depuis Jakarta et Bangkok. Trois mots d’intitulé qui résument son métier.

Ndiamé Diop écrit aussi sur la politique budgétaire et la croissance, la politique monétaire et l’inflation, la malédiction des ressources naturelles, le syndrome hollandais et la diversification économique.

Ndiamé Diop, récit d’Abuja et Nairobi

Ndiamé Diop

Juillet 2020. La planète traverse la pandémie de Covid-19 quand Ndiamé Diop devient directeur pays pour Brunei, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande, installé à Manille. Il parle d’économies « parmi les plus dynamiques d’Asie de l’Est ».

Sous sa direction, le financement de la Banque aux Philippines a plus que triplé. En Malaisie, il supervise un programme de connaissances financé par le pays pour l’aider à rejoindre le groupe des pays à revenu élevé. En Thaïlande, la Banque n’a plus engagé de prêts d’investissement depuis vingt ans. Il engage avec le gouvernement la reprise de ces financements.

En juillet 2024, il prend ses fonctions à Abuja. Il succède à Shubham Chaudhuri à la direction de la Banque mondiale au Nigeria, où il pilote le plus important portefeuille de la Banque en Afrique, évalué à 17 milliards de dollars. Le Nigéria est pour lui « un pays dynamique et vibrant, important pour toute la sous-région », confiait-il à l’époque. 

Il promet de renforcer les partenariats avec le gouvernement fédéral et les États, par un appui technique et financier de qualité. Il y élabore un programme qui mise sur les réformes structurelles, la connectivité numérique, l’accès des entreprises au financement et l’agro-industrie.

Il n’y reste pas un an. Le 1er mai 2025, la Banque le nomme vice-président pour l’Afrique orientale et australe, avec effet immédiat. Il succède à Victoria Kwakwa, partie à la retraite le 31 mars 2025. La Banque l’installe à Nairobi pour se rapprocher de ses clients. Le Trésor kényan y voit « un fort vote de confiance » envers le pays.

Son périmètre compte près de 400 projets et 26 pays. Emploi, énergie, connectivité numérique, intégration régionale, santé, éducation, eau et assainissement, lutte contre la fragilité, les conflits et la violence, la liste de ses priorités est longue.

Ndiamé Diop parle couramment le français, l’anglais et le wolof, avec un niveau intermédiaire en arabe et en bahasa indonésien. Bangkok, il connaît la ville. Il y a dirigé, avec Jakarta, l’unité macroéconomie de la Banque pour l’Asie du Sud-Est. Il y revient en octobre 2026, un projet hydroélectrique malgache sur la table.

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