Fondée en 2024 à Abuja par deux jeunes Nigérians, Terra Industries construit des drones et des systèmes de défense autonomes pour protéger les infrastructures critiques africaines. Après une première usine au Nigeria, la startup s’installe au Ghana pour y lancer Pax-2, une installation de 3 150 m² capable de produire 50 000 unités par an d’ici 2028. Une expansion portée par 34 millions de dollars levés et une ambition clairement affichée : que l’Afrique contrôle ses propres outils de défense.
En janvier 2026, des drones suicides de l’État islamique au Sahel ont frappé l’aéroport international de Niamey. Entre 2023 et 2025, la coalition jihadiste JNIM au Mali et au Burkina Faso a conduit au moins 89 opérations de drones. Sur le terrain, la guerre change de visage. Et l’Afrique, longtemps dépendante de fournisseurs étrangers pour ses équipements de défense, commence à produire ses propres réponses. Terra Industries en est l’exemple le plus concret à ce jour.
La future usine ghanéenne de Terra Industries créera 120 emplois d’ingénieurs et de techniciens spécialisés. Elle produira trois systèmes aériens de la startup : l’Archer VTOL, plateforme de surveillance et d’intervention longue portée ; l’Iroko UAV, pour les déploiements tactiques rapides ; et le Kama, un drone intercepteur capable de 300 kilomètres par heure, conçu pour la défense anti-drone.
Terra Industries prévoit une capacité annuelle de 50 000 unités d’ici 2028 dans cette nouvelle installation. Le site fonctionnera en continu et s’appuiera sur le même socle technologique que la première usine d’Abuja, opérationnelle depuis février 2025.
Le choix du Ghana est délibéré. Nathan Nwachuku, cofondateur et CEO, explique que le Ghana a été retenu pour son vivier de talents, sa position stratégique et sa volonté politique de devenir un exportateur sérieux dans le domaine de la défense.
ArtemisOS, le cerveau de l’écosystème Terra Industries
Terra Industries ne fabrique pas seulement des drones. La société développe une gamme complète de solutions qui comprend des drones, des tours de surveillance autonomes, des véhicules terrestres sans pilote et des systèmes de surveillance maritime, intégrés via ArtemisOS, une plateforme logicielle propriétaire qui permet la détection et la gestion des menaces en temps réel et la planification autonome des missions.
La souveraineté des données est au cœur du modèle. Terra Industries a choisi de s’associer à PipeOps, une plateforme cloud locale, plutôt qu’à des acteurs mondiaux, pour maintenir les données entre les mains africaines. Cette décision réduit également les coûts, répercutés sur les clients avec des achats de matériel jusqu’à 55 % moins chers que chez les concurrents internationaux.
Terra Industries a été fondée en 2024 par deux jeunes Nigérians : Maxwell Maduka, et Nathan Nwachuku. La startup, anciennement connue sous le nom de Terrahaptix, a parcouru une trajectoire peu commune pour une entreprise de son âge.
En février 2025, soit moins d’un an après sa création, la startup a lancé sa première usine de drones à Abuja, une installation de 1 394 m² capable de produire 30 000 drones par an, incluant des drones longue portée pour la surveillance, des quadricoptères pour les premiers secours et la collecte de données, et des véhicules terrestres autonomes pour la surveillance au sol.
Ses solutions sont déjà déployées sur plusieurs sites en Afrique, où elles contribuent à la sécurisation d’infrastructures évaluées à environ 11 milliards de dollars. La société dispose également de contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars et d’un portefeuille de projets dans les secteurs public et privé.
On compte dans son portefeuille des centrales électriques au Nigeria et des sites miniers au Nigeria et au Ghana. Terra Industries a levé 34 millions de dollars pour financer son expansion, avec une valorisation désormais supérieure à 100 millions de dollars. Avec Pax-2 au Ghana, la startup pose les bases d’un écosystème industriel continental dans un secteur encore largement dominé par des fournisseurs étrangers.
Le défi reste entier face aux pressions géopolitiques, aux exigences de production à grande échelle et à la complexité réglementaire de plusieurs marchés simultanés. Mais Terra Industries est aujourd’hui la startup africaine qui présente l’argument le plus solide pour une industrie de défense souveraine sur le continent.