La Maison Goya a réalisé 600 000 euros de chiffre d’affaires en 2024 avec douze salariés et des boutiques à Paris, Dakar et Cotonou. Son fondateur, l’entrepreneur béninois Rodrigue Vodounou, a quitté les études après le baccalauréat et exercé plusieurs métiers avant de devenir chausseur de luxe.
Cinquante paires, pas une de plus. La Francesca, un modèle en raphia décliné en bleu, rouge, jaune et vert, repose sur une semelle à mémoire de forme. Elle n’existe qu’en cinquante exemplaires. Sa version masculine s’appelle Francesco.
Chaque modèle de la Maison Goya porte un prénom, celui d’une personne que son créateur apprécie. Martha, Michelle, Kelly, Erelle, Tangal. Il existe même une « La nana de Goya ». Derrière ces noms se tient Rodrigue Vodounou, un touche-à-tout devenu chausseur
Rodrigue Vodounou naît en Belgique de parents béninois et grandit en France. Après le baccalauréat, il arrête ses études et travaille à Paris, dans la vente d’espaces publicitaires, puis comme opticien pendant sept ans. Il crée ensuite un cabinet de conseil en prêt-à-porter de luxe, puis Dandy Services, une société de VTC. « Je suis un touche-à-tout », se décrit-il.
Sa mère lui a donné la passion de la chaussure. « Je dois ma passion pour la chaussure à ma mère », confie-t-il. Elle lui a transmis le goût du cuir, du travail bien fait et de l’esthétique. Il explique aussi avoir longtemps cherché des chaussures qui lui conviennent. Il juge difficile de trouver des coupes et un style à moindre coût.

Son grand-père était cordonnier, et une reproduction d’un tableau du peintre Francisco de Goya était accrochée dans son atelier. Le tableau a donné son nom à la marque. Ses voyages en Italie et en Espagne le mettent ensuite en contact avec les grands centres de la chaussure.
Rodrigue Vodounou fonde la Maison Goya en 2015. Les modèles sont dessinés à Paris. La gamme couvre les mocassins, les baskets, les mules, les bottes, les sandales et les sneakers pour enfants, pour les femmes comme pour les hommes, avec des cuirs souples, des couleurs vives et des séries limitées.
Les motifs africains se mêlent à une allure de chic parisien et de dandy. La marque repose sur quatre piliers, l’évidence, la qualité, l’authenticité et l’humilité. « La chaussure fait la tenue », dit-il.
Rodrigue Vodounou, une maison tournée vers l’Afrique
Les ateliers de Venise, réputée pour la chaussure féminine, et ceux de Montegranaro, réputée pour la chaussure masculine, fabriquent une partie des modèles. Les pièces qui demandent la finition la plus exigeante restent produites en Italie.
Les sandales et certains tissus sortent du Bénin et du Sénégal. Pour les femmes, la maison propose aussi des ceintures et des pochettes. Les chaussures se vendent entre 150 et 500 euros, la maroquinerie entre 40 et 400 euros.

La boutique de Paris se trouve dans le 15e arrondissement, au 53 avenue de la Motte-Picquet. Celle de Cotonou occupe la route de l’Aéroport. Le fondateur privilégie le continent africain avant l’exportation.
En 2020, la boutique de Paris réalise à elle seule 150 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Le chiffre d’affaires de la maison atteint 600 000 euros en 2024. En août 2025, il cite le financement comme « le plus grand frein », avec les coûts de production et de logistique.
Il estime que le secteur doit s’industrialiser et mieux structurer la chaîne qui va de la création à la distribution. Il évoque alors une quatrième boutique prévue à Abidjan au second semestre, une ligne de bagagerie et une collaboration en cours avec Aston Martin.
