Publicité

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.

Alvin Junior Mak : la Sape comme grammaire de mode

Alvin Junior Mak Alvin Junior Mak

Enfant, Alvin Junior Mak regardait les parades du dimanche dans les rues de Matonge, à Kinshasa, quartier qui a vu grandir Papa Wemba. Vingt ans plus tard, cette mémoire vestimentaire devient un costume porté par la sélection nationale de la RDC lors de la Coupe du monde 2026, et propulse sa marque JMAKxPARIS sur la scène internationale.

Un costume noir, un empiècement léopard, une broche à l’effigie de l’animal totem du pays. En quelques jours, cette tenue créée pour les Léopards de la RDC devient l’un des visuels les plus commentés du Mondial 2026, et fait basculer une marque construite seule, sans investisseur, depuis près de dix ans. Pour comprendre ce succès, il faut remonter à l’enfance d’Alvin Junior Mak, dans un quartier où la mode ne se regardait pas seulement, mais se vivait.

Alvin Junior Mak naît à Kinshasa et grandit dans le quartier populaire de Matonge, où résidait Papa Wemba, figure de la Sape, mouvement congolais qui célèbre l’élégance vestimentaire comme un art de vivre. Chaque week-end, les parades de mode animent son quartier d’enfance. Il arrive en France à l’âge de onze ans, où il grandit entre deux cultures qu’il ne cesse depuis d’articuler dans son travail.

Autodidacte, il n’a suivi aucune école de mode. Il apprend le métier sur le terrain, en travaillant pour des enseignes comme H&M et Zara, où il découvre le fonctionnement de l’industrie, du geste créatif à la logique commerciale.

JMAKxPARIS, une marque bâtie sans investisseur

En 2017, Alvin Junior Mak fonde JMAKxPARIS. Le nom fusionne son deuxième prénom, Junior, son nom de famille, Mak, et une référence à Paris, ville qui nourrit son inspiration. Il finance seul le développement de sa marque, sans investisseur, avec une petite équipe mobilisée ponctuellement. Chaque année apporte ses difficultés, dit-il, mais il tient le cap depuis près d’une décennie.

Ses collections, comme Baditinakpo présentée à Paris en mars 2025, réinterprètent les traditions congolaises à travers un prisme contemporain. Pour la confection, Alvin Junior Mak s’appuie sur un atelier à Kinshasa, où il associe des victimes de la guerre qui sévit dans l’est de la République Démocratique du Congo, dans une démarche de réinsertion économique.

En juin 2026, la République Démocratique du Congo retrouve la Coupe du monde après cinquante-deux ans d’absence. Alvin Junior Mak habille les Léopards d’un costume noir à empiècement léopard, orné d’une broche à l’effigie de l’animal totem du pays. Le projet naît d’une proposition adressée au ministère ; faute de financement immédiat, Alvin Junior Mak engage lui-même les premiers travaux avant que le partenariat ne se concrétise.

La tenue devient virale bien au-delà du monde du football. En quelques jours, les abonnés de la marque passent d’environ 3 000 à près de 15 000, ceux du compte personnel du créateur de 8 000 à plus de 40 000. La marque approche les 100 000 euros de chiffre d’affaires généré sur cette période, avec des commandes venues du Japon, de Chine, d’Australie, des États-Unis, du Brésil et du Royaume-Uni. 

Pour Alvin Junior Mak, au-delà du succès commercial, l’enjeu était de donner à voir une autre image du Congo, loin des seuls récits de guerre qui dominent son actualité.

Restez au courant des actualités les plus importantes

En cliquant sur le bouton « S'abonner », vous confirmez que vous avez lu et que vous acceptez nos conditions d'utilisation.
Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Article précédent
Pharmacies de garde à Bobo-Dioulasso

Burkina Faso : pharmacies de garde à Bobo-Dioulasso du 16 au 23 août 2026

Article suivant
Mariam Issoufou

Mariam Issoufou : l'ingénieure devenue icône de l'architecture durable

Publicité