La fintech régnait sur le capital-risque en Afrique. Le classement des neuf premiers mois de 2026 a changé de tête. Deux entreprises suffisent à l’expliquer.
La logistique et le transport passent devant la fintech dans le capital-risque en Afrique. Ils captent 780 millions de dollars entre janvier et septembre 2026, soit 36 % du total, contre 760 millions de dollars (35 %) pour la fintech.
Le suivi The Big Deal, consacré aux startups africaines, recense 2,16 milliards de dollars levés sur la période, contre 2,24 milliards un an plus tôt. Le bond est net. La logistique pesait 7 % des levées en 2025, et son précédent sommet sur neuf mois était de 17 % en 2019.
Deux opérations expliquent presque tout. Spiro, spécialiste des motos électriques, a levé 345 millions de dollars. Moove, qui finance des véhicules pour les chauffeurs de plateformes de mobilité, en a levé 250 millions. Ensemble, elles totalisent 595 millions de dollars, soit environ 76 % du secteur.
Sans ces deux tours, la logistique et le transport auraient levé environ 185 millions de dollars, un niveau proche de leur moyenne historique. Moove, fondée à Lagos en 2020, a annoncé début octobre son retrait du marché nigérian. Elle cède à ses clients des véhicules d’une valeur d’environ 35 milliards de nairas. Son tour de 250 millions de dollars figure dans le total du Nigeria.
Capital-risque en Afrique, la fintech garde l’avantage du nombre
La fintech reste le premier secteur par le nombre de startups financées. Elle compte 80 startups qui ont levé au moins 100 000 dollars, plus que tout autre secteur. La logistique gagne en volume, la fintech en largeur.
Pour un jeune fondateur, la lecture change. Un classement par montants récompense les très gros tours. Un classement par nombre de sociétés financées mesure la largeur du marché, là où passent les chèques de taille accessible.
Le Nigeria reprend la première place avec 635 millions de dollars, soit 2,6 fois les 247 millions de la même période de 2025 et son meilleur résultat depuis 2022. Quatre entreprises, Moove, Flutterwave, Jumia et Yellow Card, captent 440 millions de dollars, soit 69 % du total national.
L’Égypte suit avec 445 millions de dollars (+10 %). Le Kenya recule à 201 millions (-73 %) et l’Afrique du Sud à 182 millions (-58 %). Le recul kényan tient en partie au reclassement de Spiro parmi les startups panafricaines.
Ces quatre marchés concentrent 85 % des fonds levés par des startups basées dans un seul pays. Le dernier trimestre de 2026 dira si la logistique garde la tête sans Spiro ni Moove. La réponse indiquera si le capital-risque en Afrique a trouvé un nouveau moteur ou seulement deux gros chèques.