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Yérim Sow : le flair financier de l’empire Teyliom

Yérim Sow Yérim Sow

Fils d’un grand entrepreneur sénégalais, Yérim Habib Sow a construit son propre empire loin de l’héritage paternel. Des pagers aux hôtels de luxe, des télécoms à la banque, son groupe Teyliom pèse aujourd’hui 52 sociétés réparties dans 16 pays. Et l’homme reste, lui, résolument discret.

En avril 2026, Yérim Sow reçoit en audience la ministre guinéenne de l’Économie et des Finances. L’objet : l’implantation prévue en janvier 2027 d’une filiale de Bridge Bank en Guinée. Un rendez-vous parmi d’autres pour un homme dont l’agenda dessine, en filigrane, la carte économique de l’Afrique de l’Ouest. 

Bridge Bank Côte d’Ivoire vient de publier un résultat net de 27,2 milliards de FCFA pour 2025, en hausse de 19 %. Teyliom prépare l’introduction de la banque à la BRVM. Et Mangalis Hotel Group construit simultanément quatre nouveaux hôtels. À 58 ans, Yérim Sow n’est toujours pas à l’arrêt.

 Yérim Sow, le fils qui n’a pas pris le chemin tracé

Son père, Aliou Ardo Sadio Sow, est le fondateur de la Compagnie Sahélienne d’Entreprises, l’un des plus grands groupes de BTP d’Afrique de l’Ouest. Yérim est son quatrième fils. La voie était tracée. Il ne l’a pas empruntée.

Après sa scolarité au Sénégal, il part à 18 ans au Canada. Il étudie à l’Université de Montréal, puis en commerce à l’Université de Boston. À son retour, il commence à revendre au Sénégal des produits achetés lors de ses voyages à l’étranger. Un commerce informel, mais une école d’observation du marché.

En 1988, il fonde Direct Access, sa première société, spécialisée dans l’informatique. En 1994, il perçoit l’avènement de la radiomessagerie. Il lance BIP Access, la première société de pagers au Sénégal. Le modèle fonctionne. Il l’étend à la Côte d’Ivoire sous le nom Access Telecom, qui devient l’un des premiers opérateurs de radiomessagerie d’Afrique francophone.

L’argent du pager lui permet d’entrer dans la téléphonie mobile. Il prend une participation dans Loteny Telecom, opérateur détenteur de la première licence de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire. En 2005, MTN rachète 51 % du capital de Loteny. La transaction dégage des dizaines de millions d’euros. Yérim Sow a moins de 40 ans. Il a désormais le capital pour construire autre chose.

Teylium, puis Teyliom : l’empire multisectoriel

En 2001, Yérim Sow crée Teylium, holding d’investissement avec Telecel Côte d’Ivoire comme actif principal. Les cycles suivants sont une suite de paris sectoriels, chacun ancré sur le précédent.

En 2006, il entre dans la finance avec Bridge Bank Group à Abidjan, fondée avec Pape Diouf. La même année, il prend une participation dans African Financial Holding, qui deviendra le BOA Group. Il investit dans l’immobilier à Dakar et Abidjan : Trilenium, Rivonia, le Sea Plaza, l’Atryum. 

En 2013, Teylium devient Teyliom. La même année, il lance Mangalis Hotel Group avec l’ambition d’investir 315 millions d’euros dans 15 hôtels répartis dans 13 pays africains. En 2018, en consortium avec Xavier Niel et Hassanein Hiridjee via Axian, Teyliom acquiert 20 % de Tigo Sénégal, devenu Free Sénégal puis Yas Sénégal en novembre 2024. Yérim Sow en préside le conseil d’administration depuis avril 2018.

En 2021, le groupe affiche 129 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de 41 % par rapport à 2016. Ce qui distingue Teyliom des autres conglomérats africains, c’est moins la taille que la méthode. Yérim Sow ne cherche pas à être partout. Il cherche à être rentable là où il est.

Bridge Bank en est l’exemple le plus clair. La banque ne compte que 13 agences. Elle cible les PME solvables et les particuliers aisés. Résultat en 2025 : un bénéfice net de 27,2 milliards de FCFA, en hausse de 19 % sur un an, un coefficient d’exploitation à 41,8 %, des dépôts en progression de 28 % et des crédits distribués en hausse de 27 %. 

En mars 2025, la Société Financière Internationale a injecté 40 millions de dollars. La BAD a suivi avec 30 millions d’euros. La même logique vaut pour Mangalis : trois marques positionnées, sept établissements, une marge opérationnelle entre 39 et 44 % en 2025.

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