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Sénégal Connect Park : le bouclier numérique à 74 milliards bloqué à 5 % de la livraison

Sénégal Connect Park : le bouclier numérique à 74 milliards bloqué à 5 % de la livraison

Sénégal Connect Park Sénégal Connect Park
Vue du chantier du Sénégal Connect Park à Diamniadio

Le grand pôle technologique de Diamniadio est presque prêt. Presque. Le 20 mai 2026, le désormais ancien Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur les blocages financiers et contractuels qui menacent la livraison du Sénégal Connect Park. Une urgence amplifiée par une série de cyberattaques contre les institutions financières et administratives de l’État.

Lors du Conseil des ministres du 20 mai 2026, Ousmane Sonko a alerté sur la situation du Sénégal Connect Park. Le projet affiche un taux d’achèvement physique de 95 %, mais de lourds blocages financiers et contractuels font peser une menace sérieuse sur sa livraison dans les délais. Sur un chantier financé à hauteur de 74,5 milliards de FCFA, les 5 % restants sont devenus le point de blocage le plus coûteux du projet. 

L’ancien Premier ministre a transmis à la Banque africaine de développement (BAD) une nouvelle échéance de clôture jugée réaliste, en appelant à la finalisation des discussions avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) autour de la concession. Ce double verrou (financier avec la BAD, contractuel avec la BOAD) est précisément ce qui retient la livraison du site de Diamniadio.

Le financement global du projet repose sur des prêts de la BAD et de la BOAD, complétés par un investissement direct de l’État sénégalais à hauteur de 6,329 milliards de FCFA. L’ajustement des calendriers avec ces deux institutions conditionne désormais l’achèvement des 5 % restants.

Le Sénégal Connect Park ambitionne de positionner le pays comme un pôle attractif pour les investissements dans les technologies de l’information et de la communication, en incitant multinationales et entreprises nationales à délocaliser leurs activités vers ce nouveau hub urbain.

Sénégal Connect Park : une urgence accélérée par les cyberattaques

Le contexte sécuritaire a radicalement changé la nature de cette urgence. En octobre 2025, la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) a subi le vol d’un téraoctet de données fiscales par le groupe BlackShantrac, assorti d’une demande de rançon de 6,5 milliards de FCFA. En février 2026, la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF) a été touchée par le collectif The Green Blood, avec l’exfiltration de 139 Go de données biométriques et électorales.

Le 10 mai 2026, c’est la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor (DGCPT) qui a officiellement reconnu un incident qui a affecté une partie de ses systèmes d’information. Deux jours après cet aveu, le ton avait radicalement changé lors du Conseil des ministres.

Cette série noire donne au Sénégal Connect Park une dimension que le projet n’avait pas initialement : celle d’un bouclier. Héberger les données stratégiques de l’État sur des serveurs souverains, locaux, sécurisés. C’est précisément ce que le site de Diamniadio est conçu pour permettre.

La finalité du programme est d’atteindre la souveraineté numérique et la cyber-résilience, car jusqu’à présent, le Sénégal reste vulnérable aux cybermenaces et dépend fortement des technologies et services étrangers. Le Sénégal Connect Park ne règle pas seul cette dépendance, mais il en constitue l’infrastructure centrale.

D’ici fin juin 2026, un plan d’urgence complet doit être présenté par les directions informatiques de l’État, avec l’objectif de garantir une conservation ultra-sécurisée des registres et archives d’état civil.

La livraison du Sénégal Connect Park sera le test grandeur nature de la capacité du pays à transformer une infrastructure physique en résilience numérique réelle, au moment où ses institutions en ont le plus besoin.

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