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Dossier : les startups camerounaises au sommet

« ‘’OuiCare’’, ‘’Je réussis mon examen’’, ‘’Orion’’, ‘’Oxynet’’ et ‘’Tchossa’’ » sont autant de noms qui ont fait rayonner la tech camerounaise à l’occasion d’un hackaton organisé par l’incubateur de l’Est-parisien, Bond’Innov et le PNUD Cameroon.

Tour d’horizon de ces différents projets

Un Hackathon demande beaucoup d’énergies et les startupers n’en ont pas manqué en cette période estivale. Il faut dire que le projet « Cameroon VS Covid-19 » a fait mobiliser largement les acteurs de la tech camerounaise.  Plus d’une dizaine de porteurs de projets ont donc répondu à l’appel pour l’occasion. À l’instar du continent africain et du reste du monde, le secteur privé camerounais est pleinement engagé dans ce combat. L’objectif de ces innovations est de trouver des solutions pour soutenir les acteurs engagés en première ligne dans ce combat qui a causé la mort d’un demi-million de personnes à travers la planète.

« Les entrepreneurs nationaux ont un vrai rôle à jouer car ils connaissent encore mieux les spécificités du terrain », explique-t-on au sein du comité d’organisation. Bien que le concours couvrait tout le territoire camerounais, un défi spécifique avait été mis en place pour les régions du NOSO et la partie septentrionale du pays où les soignants sont en première ligne face au COVID-19.

L’innovation camerounaise aux multiples visages

« ‘’OuiCare’’, ‘’Je réussis mon examen’’, ‘’Orion’’, ‘’Oxynet’’ et ‘’Tchossa’’ » ont été désignés vainqueurs de ce challenge. La joie des vainqueurs était à la hauteur des efforts engagés. Oxynnet, spécialisée dans la production d’oxygène médical pur à 95% à partir de l’air ambiant a raflé le premier prix. La plus haute marche du podium a été partagée avec Tchossa, système de chat qui répond automatiquement et en temps réel aux questions relatives au COVID-19.

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« En Afrique, l’oxygène médical vendu uniquement sous forme de bouteille, reste une denrée rare et onéreuse. Il faut se déplacer en ville dans les cliniques privées ou hôpitaux de référence pour y avoir accès et payer en moyenne 10 000 FCFA par heure de respiration », explique Zang Adzaga Arthur – CEO d’Oxynnet. Avec sa solution, cette startup camerounaise propose aux hôpitaux de créer localement leur propre oxygène en toute indépendance grâce à un système d’interconnexion entre plusieurs stations de productions d’oxygène.

Chaque station est installée dans un hôpital et produit de l’air concentré en oxygène à 95% de manière continue à partir de l’air ambiant qui lui, est concentré en oxygène seulement à 21%. Elle fonctionne grâce au courant électrique et est munie d’un circuit d’alimentation via l’énergie solaire et d’une batterie. La station peut fournir de l’oxygène médical à plus de 10 patients simultanément et sans interruption. Elle est contrôlée à distance à partir d’un téléphone portable à travers le réseau téléphonique mobile grâce à une application Android.

Opérant également dans le secteur médical, OuiCare a aussi fait sensation. Emmanuel Assom Neyeng, fondateur d’OuiCare, s’est lui spécialisé dans la récolte d’informations sur les patients. « Il est important de localiser les patients, de connaître les antécédents médicaux pour établir un pré-diagnostique. Avec Thierry Tayou et toute l’équipe, nous avons conçu une plateforme de santé en ligne permettant un accès facile, sécurisé, rapide et fiable à un personnel médical de qualité, aux informations d’ordre médical, et enfin la prise en charge par les services médicaux compétents », indique-t-on au sein de cette TPE.

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Cette plateforme a pour particularité de mettre le patient au centre de l’écosystème médical, constituant ainsi un carnet de santé électronique dans lequel le patient peut prendre rendez-vous et où on peut y trouver les conclusions du médecin et ses prescriptions.  

Tchossa et Je réussis mon examen : le virtuel au service de la santé et de l’éducation

Chez Tchossa, les fondateurs ont misé sur le pouvoir grandissant du tchat. «Tchossa agit comme un médecin personnel virtuel doté d’une Intelligence Artificielle qui répond à toutes les questions sur la COVID-19 », indique son fondateur Pyrrus Koudjou à Ocean’s News. Mais alors que la COVID-19 fait des ravages sur le plan sanitaire, la vie sociale s’en est retrouvée largement bouleversée.

Les enfants habitués aux rangs de l’école ont dût brutalement basculer vers le tout-numérique. Il s’agit d’une difficulté supplémentaire à gérer pour les familles. L’entreprise ‘’je réussis mon examen’’ a reçu les honneurs du jury. Son concept est simple: favoriser l’apprentissage par le podcast audio téléchargeable gratuitement pour les jeunes. «Nous avons des cours de français ou encore d’histoire disponible en libre accès sur notre plate-forme. L’objectif est de permettre un accompagnement pédagogique optimale pour ces jeunes dont certains doivent passer des examens de fin d’année »,  détaille Alicia Moreira en charge de la communication pour cette startup. Une chose est sûre, l’évolution de ces projet seront scrutés de près autant par les utilisateurs que par le PNUD Cameroon et le Bond’innov.

Car chacun des lauréats est reparti avec un accompagnement de six mois d’une valeur de 20 000 dollars. Avec tous ces talents, le Cameroun ne manquera pas d’alliés dans sa lutte contre la COVID-19.

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Par Rudy CASBI

Journaliste / Rédacteur Web chez Ocean's News

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