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Koolboks : le trublion de la Green Tech à l’assaut des 48 milliards de pertes alimentaires

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La start-up Koolboks a déployé plus de 10 000 unités de réfrigération solaire au Nigeria, au Kenya et en Ouganda depuis 2021. Elle cible les petits commerçants et les cliniques rurales privés d’électricité fiable. En septembre 2024, elle a bouclé une levée de fonds de série A de 11 millions de dollars.

Fondée en 2018 par Ayoola Dominic et Deborah Gaël, Koolboks est une entreprise franco-nigériane dont le siège est à Paris, avec des bureaux opérationnels à Lagos, Nairobi et Kampala. À l’origine, ses fondateurs ciblaient le marché européen des loisirs avec une glacière portable solaire. L’enfance de Dominic au Nigeria, marquée par la précarité énergétique, a orienté l’entreprise vers un autre cap.

Le constat était accablant : des millions d’Africains n’avaient pas accès à une réfrigération fiable. Selon la FAO, environ 37 % de la production agricole africaine est perdue après la récolte chaque année, représentant environ 48 milliards de dollars de pertes économiques. La FAO pointe le manque d’installations de chaîne du froid comme l’une des principales causes de ces pertes alimentaires sur le continent.

Koolboks a donc pivoté vers la fabrication de réfrigérateurs et de congélateurs solaires pour les zones non raccordées au réseau électrique. Ses appareils utilisent un système de batterie thermique à glace capable de maintenir le froid jusqu’à quatre jours sans alimentation externe. Les batteries lithium-ion intégrées servent aussi de points d’alimentation pour recharger les téléphones ou alimenter un éclairage LED. Ce niveau de polyvalence technique répond à plusieurs besoins simultanément dans des zones où chaque source d’énergie compte.

L’entreprise affirme que sa technologie soutient les vendeurs de produits alimentaires, les agriculteurs et les cliniques de santé, réduisant les pertes alimentaires, améliorant le stockage des vaccins et diminuant la dépendance aux générateurs diesel. Le contrôle précis de la température reste un atout décisif pour la conservation des vaccins, du poisson, de la volaille et des autres denrées périssables.

Pour rendre ses produits accessibles, Koolboks a adopté un modèle de paiement à la carte. Les clients versent un faible montant initial, puis remboursent chaque semaine ou chaque mois via mobile money. Après 12 à 24 mois, l’unité leur appartient entièrement. Aucune garantie ni historique de crédit n’est requis.

La réfrigération solaire comme levier économique pour les plus vulnérables

Le Nigeria reste le marché principal de Koolboks, représentant 60 % de ses revenus. La start-up y cible principalement les vendeurs de produits surgelés et les petites entreprises sans accès stable à l’électricité. Elle compte plus de 10 000 unités déployées dans 25 pays. L’Ouganda et le Kenya complètent son déploiement actuel en Afrique de l’Est.

Les sources de revenus de Koolboks reposent sur trois piliers. D’abord, les ventes de matériel. Ensuite, les intérêts sur les financements à la carte. Enfin, sa plateforme Koolbuy. Cette plateforme de type BNPL (Buy Now, Pay Later) permet aussi de financer des appareils d’autres marques comme Samsung ou Panasonic. Koolboks a également lancé Scrap4New, un programme circulaire qui transforme des réfrigérateurs usagés en unités solaires remises à neuf et connectées à l’IoT.

En septembre 2024, Koolboks a bouclé un financement de série A de 11 millions de dollars, combinant fonds propres, dettes et subventions. Le tour a été mené par KawiSafi Ventures, avec Aruwa Capital et All On en co-investisseurs. FFEM et Bpifrance ont apporté la partie dette. Des subventions et financements axés sur les résultats sont venus de Innovate UK, de la Shell Foundation, de FFEM/AFD et du PREO soutenu par UK Aid et la Fondation IKEA. Ces fonds doivent permettre d’ouvrir la première usine d’assemblage locale au Nigeria, de développer la plateforme Koolbuy et d’accélérer Scrap4New.

Koolboks n’est pas encore rentable, mais son fondateur Ayoola Dominic anticipe un retour à l’équilibre d’ici 2027. L’entreprise emploie actuellement 350 personnes dans le monde, dont 30 % d’ingénieurs. Une expansion vers le Mozambique et le Ghana est prévue dans les 12 à 18 prochains mois.

L’impact de la réfrigération solaire va au-delà des simples économies d’énergie. Pour des milliers de vendeuses de marché, de pêcheurs ou de responsables de cliniques rurales, accéder à un stockage au froid fiable est une question de survie économique. Deborah Gaël, cofondatrice, souligne que cet accès représente une liberté économique pour les femmes, les familles et les communautés trop longtemps laissées de côté.

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