Le gouvernement togolais sélectionne 50 entreprises de l’agro-industrie pour structurer les filières agricoles nationales. Le programme PAJEC, outil du financement TPME agro-industrie, doté de 28 milliards FCFA, cible les jeunes et les femmes entrepreneurs. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 17 juin 2026.
Le Togo renouvelle son appel aux entrepreneurs de l’agro-industrie. L’Agence de développement des Très Petites et Moyennes Entreprises (ADTPME), sous tutelle du ministère du Développement à la base, a lancé début juin 2026 un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner cinquante (50) TPME. Ces entreprises devront s’intégrer dans les chaînes de valeur agricoles et contribuer au développement de clusters agro-industriels sur l’ensemble du territoire.
Le programme cadre est le PAJEC : Projet d’accompagnement des jeunes hommes et femmes entrepreneurs dans les chaînes de valeur créatrices d’emplois. Lancé officiellement le 24 février 2025 à Lomé par la ministre Mazamesso Assih, il dispose d’une enveloppe de 28 milliards FCFA, financée conjointement par l’État togolais et la Banque africaine de développement (BAD). Sa mise en œuvre est confiée à l’ADTPME pour une durée de cinq (5) ans.
Les filières visées par cet appel sont nombreuses : maïs, soja, manioc, riz, karité, ananas, sésame, fonio, anacarde, amarante et plantes médicinales. L’élevage et l’aquaculture : caprins, ovins, volailles, tilapia, silure, font également partie du périmètre. Les entreprises retenues devront couvrir l’approvisionnement en matières premières, la transformation et la commercialisation.
Les dossiers sont recevables jusqu’au 17 juin 2026. Les TPME ayant répondu à un précédent appel lancé en mars 2026 n’ont pas besoin de déposer une nouvelle candidature. Leurs dossiers restent valides pour cette phase de sélection.
Le financement TPME agro-industrie, levier d’emploi pour les jeunes Togolais
La logique du PAJEC dépasse le simple soutien financier. Le programme mise sur une intégration progressive et territorialisée des entreprises, adaptée aux spécificités agro-écologiques de chaque région.
Les cinq (5) régions économiques du Togo sont concernées par ce financement TPME agro-industrie, ce qui signifie que les retombées ne se concentreront pas uniquement à Lomé.
L’ambition chiffrée est claire : d’ici 2028, le PAJEC vise l’insertion de 9 230 TPME dans des chaînes de valeur actives, avec un accompagnement spécifique à chaque structure. Pour les jeunes entrepreneurs, l’enjeu est concret.
En juillet 2025 seulement, plus de 1 000 nouvelles entreprises ont été créées au Togo, dont 868 portées par des Togolais. Le PAJEC entend amplifier ce mouvement en donnant aux structures existantes un accès structuré aux marchés, aux financements et aux compétences.
Pour les populations rurales, les effets attendus sont directs. Un cluster agro-industriel actif crée de l’emploi local, réduit les pertes post-récolte et améliore les revenus des producteurs.
La transformation sur place, (du manioc en farine, du soja en huile, de l’ananas en jus), génère de la valeur ajoutée qui reste dans les régions plutôt que de partir avec les négociants intermédiaires.
Le PAJEC, outil du financement TPME dans une économie rurale à structurer
Le Togo n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à mobiliser des fonds publics pour l’agro-industrie locale. Mais sa démarche se distingue par l’ampleur du dispositif institutionnel : l’ADTPME dispose d’un plan quinquennal, d’un ancrage ministériel fort et d’un cofinancement BAD qui renforce la crédibilité du programme auprès des partenaires privés.
Le PAJEC couvre aussi le transport et la logistique, deux maillons souvent négligés dans les politiques agricoles. Sans infrastructure d’acheminement fiable, même une entreprise de transformation bien équipée ne peut pas écouler sa production. L’intégration de ce volet dans le programme témoigne d’une lecture systémique des blocages du secteur.
Pour les TPME intéressées, l’heure est à l’action. Le délai de candidature au 17 juin 2026 est court. Les structures qui n’ont pas encore déposé leur dossier disposent de quelques jours. Pour celles qui ont répondu à l’appel de mars, la sélection se poursuit sans démarche supplémentaire. Le résultat de cette sélection dira si le programme tient ses promesses d’inclusion et de création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes du Togo.