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BorderPay : la fintech veut mettre fin à l’enfer des transferts pour les freelances africains

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La fintech kényane BorderPay s’attaque aux frais prohibitifs et aux délais qui pénalisent les travailleurs indépendants du continent. Son fondateur, Mark Ikaba, propose une solution multidevise pour relier les freelances africains aux circuits financiers mondiaux. Le paiement international devient un enjeu quotidien pour des millions d’actifs.

Envoyer ou recevoir de l’argent entre l’Afrique et le reste du monde reste une opération coûteuse. Selon la Banque mondiale, les transferts de fonds à destination du continent ont dépassé 100 milliards de dollars en 2024. Mais, les frais moyens atteignent encore 7 à 8 % du montant envoyé, au-dessus de la moyenne mondiale. Pour un freelance qui facture 500 dollars à un client européen, cette ponction équivaut à perdre 35 à 40 dollars à chaque règlement.

C’est cette réalité que Mark Ikaba, entrepreneur kényan, a décidé d’attaquer de front. En 2023, il lance BorderPay, une plateforme financière pensée pour les travailleurs indépendants, les étudiants, les créateurs de contenu et les petites entreprises. L’objectif, c’est de rendre le paiement international accessible depuis le continent africain, sans passer par les circuits bancaires traditionnels.

La plateforme propose des comptes et portefeuilles multidevises en dollars américains, euros et livres sterling. Depuis une interface unique, un utilisateur peut détenir, envoyer et recevoir des fonds à l’international, convertir des devises en temps réel, ou transférer de l’argent vers des comptes bancaires aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni. Des cartes virtuelles complètent le dispositif pour les achats en ligne.

BorderPay mise aussi sur l’interopérabilité avec les réseaux de mobile money, qui restent le principal point d’accès financier pour une large partie de la population africaine. La plateforme est connectée à plus de vingt pays du continent, ce qui permet d’alimenter un compte ou d’effectuer un retrait sans disposer d’un compte bancaire classique.

Un paiement international fluide, là où les banques échouent

Les banques correspondantes peuvent mettre trois (3) à dix (10) jours pour traiter un virement international impliquant l’Afrique. Pour un freelance qui attend son salaire mensuel ou règle ses fournisseurs, ce délai n’est pas un détail : c’est un frein à l’activité. Les rejets automatisés touchent entre 10 et 20 % des tentatives, selon certaines analyses sectorielles, en raison de codes incomplets ou de contrôles algorithmiques appliqués aux origines africaines.

BorderPay contourne ces obstacles en s’appuyant sur des infrastructures numériques directes plutôt que sur les réseaux SWIFT traditionnels. La conversion de devises se fait instantanément, sans délai de valeur. Le modèle cible les utilisateurs qui ont des besoins réguliers et prévisibles : facturer un client étranger, recevoir un salaire de plateforme freelance, payer un abonnement ou un logiciel en devise étrangère.

Le profil de Mark Ikaba croise l’informatique et la finance. Diplômé en technologie de l’information de la Mik Technology GS en 2016, il a construit La plateforme BorderPay comme une réponse directe aux problèmes qu’il a lui-même observés dans l’écosystème entrepreneurial kenyan. La start-up cible d’abord les marchés anglophones d’Afrique de l’Est, mais son schéma  multidevise et sa compatibilité mobile money lui permettent d’envisager une extension rapide vers d’autres sous-régions.

BorderPay et CasaFlow : deux outils pour le paiement international de demain

En 2025, Mark Ikaba lance une deuxième structure, CasaFlow. Cette entreprise développe un système d’exploitation propulsé par l’intelligence artificielle à destination des organisations modernes.

L’outil automatise la gestion post-réunion : il traduit les échanges en tâches concrètes, met à jour les outils de gestion de relation client, modifie les contrats et centralise la mémoire organisationnelle. Une offre distincte de BorderPay, mais complémentaire dans la vision d’un entrepreneuriat africain outillé et connecté.

Pour les populations du continent, l’enjeu est concret. Des dizaines de millions d’Africains travaillent aujourd’hui pour des clients étrangers ou envoient de l’argent à leurs familles. Les outils de paiement international bon marché et rapides ne sont pas un luxe de développeur : ils conditionnent la rentabilité réelle de milliers de micro-entreprises. En réduisant la friction financière, des plateformes comme BorderPay élargissent la portée économique de ceux qui, jusqu’ici, perdaient une part non négligeable de leurs revenus en frais de transfert.

La compétition est intense : Eversend, Chipper Cash, Nala et d’autres fintechs africaines couvrent des corridors similaires. Mais BorderPay se distingue par son positionnement explicitement tourné vers le paiement international des indépendants, avec des comptes en devises dures et une intégration mobile money qui répond aux réalités du terrain africain.

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