Le football africain pourrait s’installer au sommet du sport mondial. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a publiquement positionné Patrice Motsepe, président de la CAF, comme le successeur naturel de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA pour 2031. Fort d’une fortune de 3 milliards de dollars et d’un bilan salué à la CAF, l’homme d’affaires sud-africain devra toutefois arbitrer avec ses propres ambitions politiques nationales d’ici 2029.
Le football africain voit s’ouvrir une perspective inédite à la tête de son instance mondiale. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a publiquement soutenu la candidature de Patrice Motsepe à la présidence de la FIFA, une fonction qui devrait rester occupée par Gianni Infantino jusqu’en 2031, au terme d’un troisième mandat attendu. Motsepe deviendrait le premier Africain à diriger l’instance faîtière du football mondial.
Gayton McKenzie a formulé son soutien lors d’un déplacement à Londres, à l’occasion d’un événement organisé à Trafalgar Square pour le Nelson Mandela Day. Il a affirmé qu’aucune voix ne s’opposerait au nom de Patrice Motsepe à la présidence de la FIFA, dans une course à la succession d’Infantino.
Le ministre a toutefois insisté sur le calendrier : l’Afrique laissera le Suisse achever son mandat actuel avant de porter sa candidature. Cette position rejoint celle de la CAF elle-même, dont les 54 fédérations membres se sont déjà engagées à voter pour la réélection d’Infantino l’an prochain, un scrutin où il devrait se présenter sans opposition.
Le bilan de Patrice Motsepe à la tête de la CAF
Patrice Motsepe dirige la Confédération africaine de football (CAF) depuis 2021. Selon McKenzie, il a professionnalisé la gestion du football continental, attiré des financements plus importants et combattu la corruption au sein de l’instance.
Le ministre appuie son argumentaire sur les résultats de la dernière Coupe du monde élargie, où dix équipes africaines ont participé et neuf d’entre elles ont franchi la phase de groupes. L’Égypte a atteint les huitièmes de finale, le Maroc les quarts. Motsepe a par ailleurs figuré en juin 2026 dans le Football Power List du magazine CityAM, un classement des 25 personnalités les plus influentes du football mondial.
L’assise financière de Patrice Motsepe repose sur African Rainbow Minerals, l’entreprise minière qu’il a fondée à la fin des années 1990. Il a été le premier Sud-Africain noir à construire un grand groupe minier dans l’Afrique post-apartheid, avant de se diversifier dans les services financiers avec African Rainbow Capital et l’assureur Sanlam.
Forbes estime sa fortune à environ 3 milliards de dollars, ce qui a fait de lui le premier Sud-Africain noir à figurer sur son classement des milliardaires. Propriétaire du club des Mamelodi Sundowns, il a investi dans le football sud-africain bien avant de rejoindre la CAF.
Présidence de la FIFA : une ambition qui pourrait entrer en collision
Le parcours de Patrice Motsepe est compliqué par une autre ambition, celle de briguer la présidence sud-africaine, dont l’élection est prévue en 2029, soit deux ans avant une éventuelle vacance à la FIFA.
Ce chevauchement de calendriers pourrait le contraindre à choisir entre la plus haute fonction de son pays et le sommet du football mondial. L’intéressé n’a pour l’instant confirmé aucune de ces deux candidatures.
Le soutien de McKenzie place Motsepe sous les projecteurs bien avant toute échéance concrète. La question qui se posera d’ici 2029 est de savoir laquelle des deux ambitions, la présidence sud-africaine ou celle de la FIFA, l’homme d’affaires choisira de poursuivre en priorité.