Le groupe bancaire nigérian First HoldCo, maison mère de First Bank of Nigeria, confirme un redressement engagé depuis l’an dernier sous l’impulsion de son actionnaire de contrôle, le milliardaire Femi Otedola. Les résultats de First HoldCo marquent un renversement après une année 2025 largement consacrée à l’assainissement du bilan du groupe.
First HoldCo a publié le 20 juillet 2026 ses résultats non audités pour le premier semestre 2026, avec un bénéfice avant impôt de 653,5 milliards de nairas, en hausse de 83,5 % sur un an, et un bénéfice net de 526,1 milliards de nairas, en progression de 81,6 %. L’action du groupe, cotée à la Bourse du Nigeria, a bondi de plus de 10 % le jour de l’annonce, pour atteindre un niveau record de 105,50 nairas.
Cette progression repose sur une amélioration généralisée des indicateurs financiers du groupe. Les revenus bruts ont augmenté de 16,7 %, à 1 930 milliards de nairas, tandis que les actifs totaux ont atteint 30 650 milliards de nairas, en hausse de 12,5 %.
Lesdépôts de la clientèle ont progressé de 16,2 %, à 21 930 milliards de nairas, un signe de confiance renouvelée des épargnants. Les encours de crédits, eux, n’ont augmenté que de 6,1 %, à 9 510 milliards de nairas, ce qui traduit une politique de distribution encore prudente après le vaste nettoyage du portefeuille de prêts engagé l’année précédente.
Les résultats de First HoldCo prennent tout leur sens à la lumière de l’exercice 2025, marqué par une opération de nettoyage bilanciel de grande ampleur. Sous l’impulsion de Femi Otedola, le groupe avait alors provisionné plus de 826 milliards de nairas pour effacer des créances douteuses accumulées sur plusieurs décennies, une décision qui avait pesé lourdement sur sa rentabilité à l’époque. Le rebond observé cette année confirme que cette stratégie de restructuration porte désormais ses fruits.
Femi Otedola, principal bénéficiaire de la remontée du titre
L’action de First HoldCo a progressé de 120 % depuis le début de l’année, portée par un intérêt renouvelé des investisseurs institutionnels étrangers. Cette envolée porte la valeur de la participation de Femi Otedola dans le groupe à près de 1 000 milliards de nairas, soit plus de 700 millions de dollars.
Le président du conseil d’administration a présenté ce semestre comme un tournant dans la transformation du groupe, tandis que le directeur général, Wale Oyedeji, y voit la preuve que les décisions stratégiques prises pour repositionner l’institution portent leurs fruits.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large marqué par la perspective du retour du Nigeria dans l’indice FTSE Russell Frontier Market, un facteur qui alimente l’appétit des investisseurs internationaux pour les valeurs bancaires nigérianes.
Reste à voir si cette embellie financière se traduira, dans les prochains trimestres, par une reprise plus franche de la distribution de crédit, seul indicateur du bilan encore en retrait par rapport au reste de la performance du groupe.