Le Kenya s’apprête à accueillir le plus grand investissement privé de son histoire, porté par le milliardaire nigérian Aliko Dangote. Mais le projet de raffinerie de Lamu se heurte déjà à une opposition organisée, qui conteste autant la méthode que l’impact environnemental annoncé de cette infrastructure pétrolière.
Bras de fer autour du plus grand investissement privé de l’histoire du Kenya. Alors que le conglomérat du milliardaire nigérian Aliko Dangote prépare le chantier de la à Lamu (700 000 barils/jour), Greenpeace Africa a exigé la suspension immédiate des autorisations, dans un communiqué publié le 14 juillet 2026. Ce projet, estimé à 17 milliards de dollars, prévoit une capacité de traitement de 700 000 barils par jour et doit devenir la plus grande raffinerie d’Afrique de l’Est.
Dans son communiqué, Greenpeace Africa réclame la réalisation préalable d’une étude d’impact environnemental et social indépendante, rendue publique et soumise à une véritable consultation des populations locales. La responsable de la campagne pétrole et gaz de l’organisation, Sherelee Odayar, a estimé que ce projet menace l’un des écosystèmes côtiers les plus fragiles d’Afrique de l’Est. L’ONG cible en particulier les mangroves, les récifs coralliens et les herbiers marins de Lamu, dont dépendent directement les communautés de pêcheurs de la région.
Greenpeace conteste également l’argument économique mis en avant par les autorités kényanes. L’organisation estime que les emplois créés resteront concentrés sur la phase de construction, tandis que la pêche, le tourisme et les économies locales pourraient subir des pertes durables en cas de pollution du littoral.
L’ONG avance par ailleurs un risque d’actif échoué, alors que la demande mondiale de produits pétroliers raffinés est appelée à décliner avec la transition énergétique, et suggère que les capitaux mobilisés pour ce projet de raffinerie de Lamu pourraient être redirigés vers le solaire, l’éolien ou la géothermie.
Raffinerie de Lamu, le gouvernement kényan mise sur l’emploi et l’investissement
Le président kényan William Ruto présente au contraire ce projet comme un puissant levier de création d’emplois, avec une promesse gouvernementale allant jusqu’à 60 000 emplois directs. Nairobi qualifie ce projet de plus important investissement privé jamais réalisé dans le pays.
Plusieurs organisations de la société civile, alliées à Greenpeace sur ce dossier, réclament de leur côté une consultation publique approfondie avant tout lancement des travaux, faute de quoi elles menacent de saisir la Haute Cour du Kenya.
Le groupe Dangote a confirmé Lamu comme site d’implantation après plusieurs mois d’incertitude, alors qu’une implantation en Tanzanie avait aussi été évoquée. Le conglomérat a indiqué que les études de sol et les travaux d’ingénierie étaient déjà engagés, pour une construction estimée à une trentaine de mois.
Cette infrastructure constituerait le plus important investissement du groupe nigérian en dehors de son marché domestique, après le lancement de sa raffinerie de Lekki au Nigeria. Reste à savoir si une étude d’impact indépendante interviendra avant que les travaux n’atteignent un stade jugé irréversible par les organisations environnementales.
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