Le Togo abrite le siège de la Banque ouest-africaine de développement, bras financier commun aux huit pays de l’UEMOA. Au-delà de cette proximité institutionnelle, les investissements de la BOAD au Togo affichent une accélération notable, avec un rythme d’exécution des projets qui progresse désormais plus vite que le volume des engagements lui-même.
Accélération importante des opérations de la Banque ouest-africaine de développement au Togo. Selon son rapport annuel 2025, l’institution sous-régionale a porté le cumul de ses engagements dans le pays à 935,8 milliards de FCFA (environ 1,42 milliard d’euros) répartis sur 64 projets.
Signe d’une nette amélioration du rythme d’exécution des chantiers, les décaissements ont bondi de 82 % en un an pour atteindre 698,5 milliards de FCFA, tirés en priorité par les infrastructures de transport, le numérique et la création d’emplois productifs.
Les infrastructures de transport et les technologies de l’information et de la communication concentrent la première enveloppe sectorielle des investissements de la BOAD au Togo, avec 269,9 milliards de FCFA mobilisés, soit 28,8 % du total.
Les secteurs sociaux, santé et éducation en tête, ferment la marche avec 50,1 milliards de FCFA, soit seulement 5,4 % des engagements. Cette répartition traduit une priorité donnée aux infrastructures capables de produire un effet d’entraînement rapide sur l’économie, plutôt qu’aux investissements sociaux dont les retombées se mesurent sur un temps plus long.
Une orientation dominante vers l’emploi
La stratégie des investissements de la BOAD au Togo s’appuie sur trois axes. Le premier vise la résilience climatique, avec 129,6 milliards de FCFA consacrés aux projets d’adaptation environnementale.
Le deuxième soutient l’intégration régionale, à travers une enveloppe de 131,9 milliards de FCFA. Mais c’est la création de valeur et d’emplois productifs qui capte l’essentiel des ressources, avec 667,6 milliards de FCFA, soit 72 % des financements engagés.
Cette hiérarchie montre une institution qui priorise désormais l’impact économique direct sur l’emploi plutôt qu’une approche uniformément répartie entre ses différents mandats.
Deux projets mettent en lumière concrètement cette orientation. Le premier concerne la cité ministérielle de Lomé, un complexe de 18 immeubles destiné à regrouper les services publics togolais.
Soutenu par un financement initial de 20 milliards de FCFA, ce chantier doit générer environ 1 100 emplois directs et indirects et produire plus de 11 milliards de FCFA de valeur ajoutée annuelle une fois opérationnel.
Un volet agricole dans les investissements de la BOAD au Togo
Le second projet cible la transformation du secteur agricole, à travers un programme d’appui à la mécanisation et à l’irrigation entièrement financé par la BOAD à hauteur de 20 milliards de FCFA.
Les objectifs affichés sont précis. Selon le gouvernement togolais, 500 emplois ont été créés dès la phase de déploiement, avec plus de 60 000 emplois consolidés en phase d’exploitation, une hausse de 50 % des revenus des producteurs, plus de 60 000 tonnes de riz supplémentaires produites chaque année, et au moins 3,5 milliards de FCFA de valeur ajoutée additionnelle.
Avec ce bilan, les investissements de la BOAD au Togo confortent le rôle de l’institution comme partenaire financier du développement du pays, orientant ses ressources vers des secteurs jugés capables de renforcer la compétitivité, l’emploi et la création de richesse.
La vraie question porte désormais sur la capacité de la banque à maintenir ses investissements à ce rythme dans la durée, dans un contexte régional où plusieurs pays de l’UEMOA sollicitent simultanément les mêmes ressources pour financer leurs propres priorités de développement.
