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Portrait : Aïssa Traoré, son amour, sa bataille pour l’écologie en Afrique

Partisane de l’écologie, Aïssa Traoré s’est engagée avec sa marque BioBag pour promouvoir la protection de l’environnement dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Promotrice de l’entreprise de fabrication artisanale d’emballage à Ouagadougou, elle produit des sachets efficaces pour les entreprises et crée de l’emploi aux femmes. Portrait.

Issue d’une famille d’origine Burkinabè, Aïssa Traoré est orpheline de mère depuis ses dix ans. Famille polygame, elle grandit et reçut l’éducation de vie auprès de ses deux belles-mères et ses enfants. Elle dut se prendre en charge pour assurer son avenir après que son père ait abandonné sa profession de cigarettier Fine. Famille nombreuse à prendre en charge par son père avec un revenu minime, Aïssa s’accrocha durement à ses études en suivant des cours du soir. Elle réussit à décrocher un CAP en secrétariat qui lui ouvre une porte pour un emploi.

Employée dans une société qui réalise des visas pour Dubaï, elle débute la mise en place de son entreprise écologique de marque BioBag. Manque de ressources financières pour officialiser son entreprise, elle dut participer à un concours lancé pour soutenir les jeunes entrepreneurs et qui garantissait 5 millions de francs CFA au vainqueur. Organisé par le gouvernement, Aïssa Traoré remporte ce concours, mais ne rentre jamais en possession de ce prix.

En 2014, l’ampleur de la pollution de l’environnement par les sachets plastiques a tout basculé. L’interdiction de  production, d’importation, de commercialisation et de distribution de ces sachets, à cause des bouches de caniveaux, d’inondations, de tuerie d’animaux qu’ils engendrent, l’a boosté pour le lancement officiel de sa marque, en vue de lutter contre la prolifération de ces fléaux.

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L’histoire d’amour entre Aïssa Traoré et BioBag

Épouse et mère, Aïssa Traoré est la promotrice de la marque Biobag. Lancée en 2015 avec une somme de 50 000 francs CFA, Biobag est une entreprise de  fabrication artisanale d’emballages en papier. Avec cette somme minime, l’entrepreneure burkinabè débute sa carrière entrepreneuriale, soutenue par ses proches qui l’aident à confectionner les premiers emballages, sans oublier son mari. Elle raconte : « Le déclic est venu de mon mari. Il est rentré d’un voyage aux Pays-Bas avec des cadeaux dans des sachets en papier. Je me suis demandé pourquoi on n’avait pas ça ici »

Basée à Ouagadougou, la marque BioBag est spécialisée dans la confection d’emballages en papier. Sa ligne de produits est constituée de sachets pour commerces de détail et de proximité. « J’ai pour mission de proposer une alternative pratique et plus écologique aux emballages plastiques », lâche la patronne de BioBag et d’ajouter « Chez BioBag nous avons choisi depuis 2015 de mener la guerre aux sachets plastiques en proposant une gamme variée d’emballages en papier. Emballez différemment vos produits et vos courses. Faites un choix responsable et rejoignez-nous dans la lutte ! » 

Deux ans après le lancement de la marque BioBag, Aïssa  Traoré a employé sept personnels et a écoulé 50 000 sachets par an auprès des pharmacies, des boulangeries, des boutiques de prêt-à-porter ou encore de cavistes. En 2020, l’entreprise  a triplé ses effectifs et atteint la barre symbolique du million d’emballages personnalisables. 

Aïssa Traoré
Les employées de Biobag gagnent leur vie en pliant et en collant à la main des milliers de poches en papier. ©️ SOPHIE GARCIA

Outre sa mission de lutte contre la pollution plastique, Aïssa contribue à la création d’emploi dans son pays. Les femmes sont plus privilégiées et encouragées dans ce secteur. 70 % de son équipe représentent les femmes qui sont entre autre des déplacées chassées de leurs villages, par les groupes armés qui sèment la terreur dans le nord et l’est du pays. Aïssa s’est engagée à former ces femmes démunies et à les aider à se prendre en charge. 

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« En tant que femme, on connaît les réalités que vivent nos mamans et nos sœurs. Ce sont elles qui tiennent le foyer. Quand une femme trouve du travail, elle s’accroche. Une femme qui prend conscience qu’elle doit travailler fait tout pour réussir  », précise la promotrice. « Mon moment le plus heureux, c’est quand je verse les salaires : je vois leurs visages s’illuminer. Je sais qu’elles vont prendre cet argent pour faire quelque chose de meilleur pour leur famille, qu’elles vont s’occuper de leurs enfants, de leurs parents…  », poursuivit-elle.

Aïssa Traoré espère décrocher un financement de 200 000 euros pour construire un vaste atelier sur un terrain qu’elle a déjà trouvé à Ouagadougou, et acheter des équipements. Elle envisage aussi une extension de BioBag au Niger et au Mali.

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