Un an seulement après son changement de nom, une ancienne caisse de producteurs agricoles s’offre une transformation financière d’ampleur. Champy Meso Finance, née de la mutation de la Caisse des producteurs du Burkina, multiplie par plus de quatre son capital social. L’opération compte parmi les plus importantes du secteur de la mésofinance burkinabè de ces derniers mois.
Le capital social de Champy Meso Finance SA passe de 2,3 milliards à 10 milliards de FCFA. Réunis en assemblée générale le 29 juin 2026, les actionnaires de l’institution, filiale de Champy Holding Finances, ont approuvé cette augmentation, selon des informations recueillies par SikaFinance. L’opération sera conduite dans le respect des exigences réglementaires qui encadrent le secteur de la mésofinance au Burkina Faso.
Champy Meso Finance n’existe sous ce nom que depuis septembre 2025. L’institution est l’héritière directe de la Caisse des producteurs du Burkina (CPB), une structure de microfinance créée en 1996 à Béguedo, dans la province du Boulgou, et longtemps reconnue par la BCEAO comme instrument de financement du monde agricole.
Le groupe Champy International, dirigé par l’homme d’affaires burkinabè Jonace Yaméogo, a obtenu cette année-là l’agrément de prise de contrôle et de changement de dénomination de la CPB, qui devient alors une filiale de son pôle Champy Holding Finances.
Cette prise de contrôle s’inscrit dans une stratégie d’expansion plus large du groupe dans les secteurs de la banque et de la mésofinance. Champy Holding Finances a également renforcé ses activités d’identification d’opportunités d’investissement dans ces domaines, et a pris une participation, en mai 2025, dans le groupe BCI, un établissement présent au Mali, au Sénégal, en Mauritanie et en Guinée.
Champy Meso Finance, une gouvernance renouvelée
Depuis le 1er décembre 2025, Champy Meso Finance est dirigée par Charlotte Semdé, qui occupait auparavant le poste de directrice générale adjointe de la Caisse des producteurs du Burkina. Elle cumule une douzaine d’années d’expérience dans la banque et la mésofinance au Burkina Faso, avec des passages chez Coris Meso Finance et Bank of Africa, entre 2014 et 2023.
Cette augmentation de capital vise à élargir la capacité d’intervention de l’institution auprès des entreprises et des producteurs, dont les besoins de financement demeurent largement insatisfaits au Burkina Faso. Le secteur de la mésofinance occupe une place intermédiaire entre la microfinance classique et le crédit bancaire traditionnel, un segment souvent délaissé faute d’acteurs suffisamment capitalisés pour porter des montants de financement plus conséquents.
En multipliant par plus de quatre ses fonds propres en moins d’un an après sa mutation, Champy Meso Finance affiche son ambition de devenir un acteur de référence du financement des entreprises et des producteurs burkinabè. Reste à savoir si cette montée en puissance capitalistique se traduira, dans les mois à venir, par une hausse effective des volumes de crédit distribués à une économie nationale qui en a un besoin pressant.
