Tony Elumelu quittera le 21 août 2026 la présidence du conseil d’administration de United Bank for Africa (UBA), après douze ans à ce poste. Il cède la place à Emmanuel Nnorom, administrateur non exécutif du groupe depuis 2024. Ce départ obéit à une règle de gouvernance stricte de la Banque centrale du Nigeria, qui limite à douze ans le mandat des administrateurs non exécutifs. Il ferme un chapitre décisif dans la transformation d’une banque nigériane en groupe panafricain.
Après douze ans de gouvernance, Tony Elumelu s’apprête à passer la main. Le conseil d’administration de United Bank for Africa (UBA), réuni le 6 juillet 2026, a entériné son départ de la présidence, effectif le 21 août prochain.
Pour lui succéder, l’institution a désigné Emmanuel Nnorom. Ce changement à la tête du géant bancaire panafricain, qui compte 25 000 salariés et 50 millions de clients, répond aux exigences de la Banque centrale du Nigeria (CBN), qui limite le mandat des administrateurs non exécutifs à douze ans maximum.
Tony Elumelu prend le contrôle de Standard Trust Bank au début des années 2000, avant d’orchestrer sa fusion avec UBA en 2005, une opération qui donne naissance au groupe actuel. Il occupe des fonctions exécutives à la tête de la banque, avant de devenir président du conseil d’administration en 2014.
Sous sa présidence, UBA multiplie les implantations à travers le continent. Le groupe opère désormais dans 20 pays africains, ainsi qu’au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et aux Émirats arabes unis. Sa base de clientèle dépasse 50 millions de personnes, contre un chiffre nettement plus modeste au début de son mandat.
Dans son message d’adieu, publié sur son site personnel le 6 juillet 2026, Tony Elumelu résume sa mission en une phrase, « Nous avons pris une banque nigériane et nous en avons fait une banque africaine. »
Le départ de Tony Elumelu ne relève pas d’un choix purement personnel. Il découle du code de gouvernance d’entreprise révisé de la Banque centrale du Nigeria, entré en vigueur en juillet 2023, qui fixe une durée maximale de douze ans pour les administrateurs non exécutifs et les directeurs généraux des banques nigérianes. Cette règle vise à limiter la concentration du pouvoir et à renforcer le renouvellement des instances dirigeantes du secteur bancaire.
Le conseil d’administration d’UBA a salué, dans un communiqué, la contribution de Tony Elumelu à la vision stratégique et à la solidité institutionnelle du groupe. Il quitte ses fonctions avec l’aval unanime du conseil, qui a validé dans le même temps l’arrivée de son successeur.
Emmanuel Nnorom, un revenant maison
Emmanuel Nnorom n’est pas un inconnu du groupe. Cet expert-comptable, né le 7 avril 1958, a passé plus de huit ans en fonctions exécutives chez UBA, entre 2008 et 2012, comme directeur général des opérations du groupe, puis directeur exécutif en charge des finances et des risques. En 2013, il dirige UBA Africa, la filiale chargée de la présence panafricaine du groupe.
Il quitte ensuite UBA pour présider Transnational Corporation Plc (Transcorp), de septembre 2014 à mai 2017, avant de prendre la direction générale de Heirs Holdings, le véhicule d’investissement personnel de Tony Elumelu, poste qu’il occupe depuis juin 2017.
Il rejoint le conseil d’administration d’UBA comme administrateur non exécutif en 2024. Fellow de l’Institut des experts-comptables agréés du Nigeria, il cumule plus de quarante années d’expérience en banque, en finance et en audit.
La succession à la tête d’UBA s’inscrit dans une continuité assumée. Emmanuel Nnorom connaît déjà les rouages du groupe, et dirige depuis 2017 le holding d’investissement personnel de Tony Elumelu.
Son mandat sera jugé sur sa capacité à maintenir le rythme d’expansion d’une banque qui a multiplié sa présence continentale en douze ans, dans un secteur bancaire ouest-africain de plus en plus concurrentiel.