Le gouvernement ivoirien a ratifié, mercredi 1er juillet 2026, deux accords destinés à soutenir l’investissement privé en Côte d’Ivoire. Ces financements, signés trois semaines plus tôt avec la Banque mondiale, doivent accompagner des réformes dans cinq secteurs stratégiques. L’enjeu touche à la capacité du pays à transformer sa croissance en emplois formels.
La Côte d’Ivoire a signé, le 10 juin 2026, deux accords de financement avec la Banque mondiale d’un montant cumulé de 349,2 millions d’euros, soit 229,06 milliards de FCFA. Ces prêts doivent soutenir l’investissement privé en Côte d’Ivoire et la création d’emplois productifs, à travers des réformes dans l’eau, l’énergie, le numérique, l’agriculture et la santé. Le Conseil des ministres ivoirien a adopté les décrets de ratification de ces deux accords le 1er juillet 2026, à Abidjan.
Le premier prêt provient de l’Association internationale de développement (IDA). Il s’élève à 261,9 millions d’euros, soit 171,79 milliards de FCFA. Le second est accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), pour un montant de 87,3 millions d’euros, soit 57,26 milliards de FCFA. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, a présenté ces deux décrets à l’issue du Conseil.
Ce double financement prend la forme d’un appui budgétaire. Il ne finance pas directement des infrastructures. Il accompagne des réformes réglementaires destinées à ouvrir plusieurs secteurs à l’investissement privé en Côte d’Ivoire. L’objectif reste de lever les contraintes qui freinent encore les initiatives privées dans ces filières.
Investissement privé en Côte d’Ivoire : une croissance forte, mais une qualité de l’emploi qui reste faible
Les derniers chiffres de la Banque mondiale situent la croissance ivoirienne à 6,3 % en 2025, portée par la consommation des ménages et une hausse de l’investissement privé. Le taux d’emploi atteint 65,2 % de la population en âge de travailler en 2024. Mais l’emploi industriel plafonne à 10 % de la population active et l’emploi formel à 25 %. L’informalité touche 82 % des travailleurs et l’emploi vulnérable 72 %.
C’est précisément ce décalage entre croissance et qualité de l’emploi que le Plan national de développement 2026-2030 cherche à corriger. Doté d’une enveloppe globale de 114 838,5 milliards de FCFA, ce plan fixe un objectif de quatre millions d’emplois décents et de 7,2 % de croissance annuelle.
Ces deux prêts s’ajoutent à un portefeuille actif de la Banque mondiale évalué à 5,2 milliards de dollars sur 26 projets en Côte d’Ivoire. Ils interviennent une semaine avant un rendez-vous stratégique. Les 8 et 9 juillet 2026, Abidjan accueille un groupe consultatif organisé par le gouvernement ivoirien, avec l’appui de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de la Banque africaine de développement et du système des Nations unies. Cette rencontre doit mobiliser les ressources extérieures nécessaires au financement du PND 2026-2030.
Les décaissements sont acquis. L’enjeu réel porte désormais sur la capacité de l’investissement privé en Côte d’Ivoire à produire des emplois formels, pas seulement de la croissance, dans un pays où plus de huit travailleurs sur dix exercent encore dans l’informel, à quelques jours d’un rendez-vous où les mêmes bailleurs de fonds évalueront les résultats obtenus.
