Aucun pays n’échappe aux secousses du marché pétrolier mondial depuis le déclenchement de la crise du détroit d’Ormuz. Les prix du carburant en Côte d’Ivoire subissent une nouvelle fois les conséquences de cette tension internationale, dans un contexte où l’État tente de limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.
La Direction générale des hydrocarbures (DGH), organe du ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a publié le 31 juillet 2026 une nouvelle grille de prix maxima applicable du 1er au 31 août 2026. Le litre de super sans plomb passe de 875 à 905 FCFA, soit une hausse de 30 FCFA. Le gasoil grimpe de 700 à 725 FCFA, et le pétrole lampant enregistre la plus forte progression, de 745 à 780 FCFA. Les prix des bouteilles de gaz butane restent inchangés.
Cette révision constitue la deuxième augmentation de l’année, après celle du 1er mai 2026, qui avait déjà porté le super de 820 à 875 FCFA et le gasoil de 675 à 700 FCFA. Entre avril 2025 et février 2026, ces mêmes prix avaient pourtant suivi une trajectoire inverse, le super étant redescendu à 820 FCFA et le gasoil à 675 FCFA. Cette alternance montre à quel point les prix du carburant en Côte d’Ivoire restent directement liés aux soubresauts du marché international.
Hausse des prix du carburant en Côte d’Ivoire : une crise déclenchée par la fermeture du détroit d’Ormuz
Cette révision s’inscrit dans le prolongement de la crise qui secoue le Moyen-Orient depuis la fin février 2026. Le conflit armé a entraîné la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.
Le baril, qui s’échangeait autour de 70 dollars fin février, a dépassé le seuil des 120 dollars le 24 avril, avant de redescendre autour de 85 à 90 dollars à la mi-juillet, un niveau qui reste nettement supérieur à celui d’avant-crise.
Selon la DGH, sans l’intervention de l’État, le litre de super aurait dépassé 1 200 FCFA et celui de gasoil la barre des 900 FCFA. L’effort budgétaire consenti, subventions, suspension des droits de douane sur le gasoil depuis mars, prise en charge partielle des frais de transport des produits pétroliers, avait déjà dépassé 100 milliards de FCFA entre mars et mai 2026.
Cette nouvelle révision tarifaire a suscité une réaction du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), qui réclame sa suspension, l’ouverture d’un dialogue sur la fixation des prix et la mise en place d’un mécanisme de lissage tarifaire.
Côte d’Ivoire : Eni injecte 4 milliards de dollars dans le gisement Baleine
À plus long terme, les gisements Baleine et Calao, découverts par Eni, nourrissent l’ambition d’une plus grande autonomie énergétique du pays. Mais avec une production actuelle d’environ 65 000 barils par jour, contre des objectifs de 200 000 barils par jour à l’horizon 2030 et 500 000 barils par jour en 2035, la Côte d’Ivoire ne dispose pas encore des marges nécessaires pour absorber durablement les chocs du marché mondial.
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