Le groupe italien Eni, associé à la compagnie nationale Petroci et au négociant suisse Vitol, valide la troisième phase de développement du gisement sous-marin Baleine. Cet engagement financier se chiffre à 4 milliards de dollars. L’accord formalisé à Abidjan cible une hausse massive des volumes d’hydrocarbures extraits au large des côtes ivoiriennes.
Les partenaires du projet Baleine : le groupe italien Eni, Petroci et Vitol scellent un accord stratégique pour l’avenir énergétique de la Côte d’Ivoire. Les investisseurs prévoient le déploiement d’une nouvelle unité flottante de production, de stockage et de déchargement en mer.
Cette infrastructure technique assurera le traitement direct des hydrocarbures avant leur acheminement vers le continent. Le calendrier officiel table sur une mise en service opérationnelle dans un horizon de 32 à 36 mois.
Sur le plan quantitatif, les retombées de cet investissement modifient radicalement l’économie extractive locale. Les projections officielles annoncent une envolée des volumes. La production pétrolière quotidienne va grimper de 60 000 à 150 000 barils.
En parallèle, l’extraction de gaz naturel va suivre une courbe similaire, passant de 80 à 200 millions de pieds cubes par jour. L’opérateur italien précise que l’intégralité du gaz extrait alimentera exclusivement le marché intérieur ivoirien.
Production pétrolière : une économie en expansion face au défi de l’autonomie électrique
Cette décision financière coïncide avec une augmentation rapide de la consommation d’énergie en Côte d’Ivoire. Le développement industriel et l’urbanisation créent une forte pression sur le réseau électrique national.
Pour répondre à cette situation, les autorités ivoiriennes fixent, dans le Pacte national énergie de 2025, un objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030, alors que le taux de desserte stagnait à 64 % fin 2023.
Abidjan ambitionne également de consolider sa position de fournisseur d’électricité pour les pays limitrophes à travers le réseau d’interconnexion ouest-africain.
La réalisation de ces ambitions nationales exige une source de combustible fiable pour les centrales thermiques du pays. Les ressources issues de la troisième phase de Baleine arrivent donc à point nommé pour sécuriser cet approvisionnement. Au-delà de la production industrielle, l’accord intègre un volet social à destination des populations locales. Eni s’associe ainsi au ministère de l’Énergie pour distribuer 300 000 foyers améliorés aux ménages vulnérables, favorisant des modes de cuisson plus propres.
Pourquoi ce choix d’Eni représente-t-il un tournant pour la Côte d’Ivoire ? En premier lieu, la hausse de la production pétrolière et gazière garantit la sécurité énergétique d’un pôle économique majeur en Afrique de l’Ouest.
En évitant les pénuries de gaz pour la production d’électricité, le pays préserve la compétitivité de ses industries et assure la continuité du service public.
En second lieu, l’implication d’acteurs de premier plan mondial modifie la perception du bassin sédimentaire ivoirien. L’arrivée de Vitol, détenteur de 30 % des parts de l’opération, ainsi que la cession récente de 10 % des intérêts à la compagnie nationale azerbaïdjanaise Socar démontrent la viabilité financière des réserves locales.
Ce projet sert de vitrine pour attirer d’autres multinationales, susceptibles de financer de futures explorations et de transformer durablement la structure économique de la nation.