Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Forum africain des fonds souverains (ASIF) ont signé un accord stratégique pour mobiliser l’épargne institutionnelle du continent. Face à un déficit annuel de financement du développement estimé à 400 milliards de dollars, les deux institutions s’unissent pour créer de nouvelles plateformes d’investissement et réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des financements extérieurs.
L’Afrique veut reprendre la main sur le financement de ses infrastructures. La Banque africaine de développement (BAD) et le Forum africain des fonds souverains (ASIF) renforcent leur coopération pour mobiliser l’épargne institutionnelle du continent.
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Forum africain des fonds souverains (ASIF) ont signé, le 26 juin 2026 à Abidjan, une déclaration d’intention pour intensifier la mobilisation des capitaux institutionnels africains destinés aux infrastructures transfrontalières. L’objectif est de bâtir de nouvelles plateformes d’investissement capables de réduire la dépendance du continent aux financements extérieurs.
Cette signature s’inscrit dans le prolongement du dialogue consultatif tenu le 9 avril 2026 à Abidjan, qui avait abouti à l’adoption du Consensus d’Abidjan, une feuille de route en onze points pour la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Ce cadre vise à combler un déficit annuel de financement du développement estimé à 400 milliards de dollars sur le continent. Pour Obaïd Amrane, directeur général d’Ithmar Capital et président de l’ASIF, cette déclaration d’intention constitue une traduction concrète et opérationnelle du Consensus d’Abidjan.
De nouvelles plateformes pour les corridors régionaux
Les deux institutions veulent construire de nouveaux véhicules d’investissement pour canaliser l’épargne des fonds souverains africains vers des projets à fort impact. Les corridors logistiques régionaux et les réseaux énergétiques figurent parmi les priorités identifiées.
Aida Ngom, directrice du département Secteur privé du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), présente cette coopération comme un prolongement des priorités stratégiques de l’institution. Elle affirme que la déclaration est une preuve de la convergence des ambitions des deux organisations pour le continent.
Créé en juin 2022 à Rabat, le Forum africain des fonds souverains rassemble aujourd’hui 17 investisseurs souverains africains. La perspective d’un investissement de la BAD dans la plateforme de l’ASIF renforce la crédibilité de cette dernière et lui donne un levier supplémentaire pour attirer d’autres capitaux institutionnels du continent.
Ce renforcement de partenariat n’est pas isolé, la BAD multiplie depuis le début de l’année les déclarations d’intention avec d’autres institutions financières africaines, dont la Banque de développement des États de l’Afrique centrale et l’Association africaine de sécurité sociale.
Faire des fonds souverains africains des investisseurs de référence dans les grands projets structurants change la nature du financement des infrastructures sur le continent. Plutôt que de dépendre en priorité de bailleurs extérieurs, les pays africains chercheraient à orienter une part croissante de leur propre épargne institutionnelle vers leurs besoins de connectivité et d’énergie. Une stratégie qui suppose des capacités de structuration de projets bancables à la hauteur des ambitions affichées.
Le pari est ambitieux, transformer des déclarations d’intention en flux de capitaux réels et mesurables. La question qui reste posée est de savoir si ces nouvelles plateformes d’investissement parviendront à combler une part significative du déficit de 400 milliards de dollars, ou si elles resteront un cadre de coopération sans traduction financière rapide.
