Le désenclavement des zones agricoles au Sénégal passe une nouvelle étape. La Banque mondiale renforce son soutien aux régions du nord et du centre du pays, où l’agriculture et l’élevage restent les principales sources de revenus des populations.
La Banque mondiale a approuvé, le 14 juillet 2026, un second financement additionnel de 119,6 millions d’euros, soit environ 78 milliards FCFA, en faveur du Sénégal. L’enveloppe s’inscrit dans le Projet de connectivité des zones de production agricole du Nord et du Centre du Sénégal (PCZA) et porte l’investissement total du projet à 470,8 millions de dollars.
Le financement est mobilisé à travers l’Association internationale de développement (IDA), le bras concessionnel de la Banque mondiale, et complété par une contribution de 2 millions de dollars du gouvernement sénégalais. Il consolide les acquis d’un projet qui a déjà permis la construction et la mise à niveau de 414 km de routes, au bénéfice de 350 000 personnes.
La nouvelle phase étendra ces résultats à deux corridors économiques, celui de Koussanar à Koumpentoum et celui de Tambacounda à Dianké Makha. Au total, 570 000 personnes profiteront directement de ce désenclavement des zones agricoles au Sénégal.
Le projet repose sur trois volets. Le premier concerne la construction de 171 km de routes revêtues et de 104 km de pistes en latérite, dotées de caractéristiques de résilience climatique. Le deuxième porte sur des infrastructures communautaires dans un rayon de 5 km autour des routes, notamment des plateformes de transformation agricole réservées aux femmes, des aires de stockage, des points d’eau et des équipements scolaires et sanitaires.
Le troisième volet vise le renforcement des capacités institutionnelles en matière de sécurité routière et de gestion du patrimoine routier. Pour Djibrilla Issa, directeur de division de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau et la Gambie, une route reliant un bassin agricole à un marché change la donne pour un producteur.
Il affirme qu’elle permet à un producteur de mieux valoriser sa récolte. Au-delà du transport, ces infrastructures conditionnent l’accès à l’école, aux centres de santé et aux marchés, avec un effet direct sur l’emploi des jeunes et des femmes entrepreneuses dans les chaînes de valeur agricoles.
Ce financement s’aligne sur la Vision Sénégal 2050 et sur la Stratégie nationale de développement 2025-2029, deux cadres qui placent la connectivité territoriale au centre de la croissance inclusive.
Le désenclavement des zones agricoles au Sénégal s’inscrit ainsi dans une logique de long terme, où l’infrastructure routière devient un levier de transformation structurelle plutôt qu’un simple projet d’aménagement.
Le pari reste celui de la durabilité. La question qui se posera dans les prochaines années est de savoir si ces routes généreront une dynamique économique locale suffisante pour absorber les coûts d’entretien et prolonger les bénéfices annoncés pour les 570 000 personnes concernées.