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Cameroun : Gilbert et Nicole Kadji déploient les brasseries UCB en Afrique de l’Ouest

Cameroun : Gilbert et Nicole Kadji déploient les brasseries UCB en Afrique de l’Ouest

Groupe Kadji Groupe Kadji

Sept ans après la disparition de l’industriel Joseph Kadji Defosso, ses enfants Gilbert et Nicole Kadji propulsent le conglomérat familial au-delà d’Afrique centrale. À travers l’Union Camerounaise des Brasseries (UCB), le groupe lance une offensive commerciale en Afrique de l’Ouest avec une nouvelle gamme de boissons en canette, ciblant des marchés stratégiques en pleine mutation.

L’expansion des boissons en Afrique de l’Ouest devient l’un des principaux axes de croissance du Groupe Kadji. Le groupe poursuit son développement en Afrique de l’Ouest à travers sa filiale brassicole, l’Union Camerounaise des Brasseries (UCB). Selon des informations relayées par Business in Cameroon, l’entreprise prépare le déploiement d’une nouvelle gamme de boissons en canette destinée à plusieurs marchés régionaux, notamment la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal. Cette offensive commerciale est pilotée par Gilbert et Nicole Kadji, deux des enfants de Joseph Kadji Defosso, fondateur du groupe décédé en août 2018 à Johannesburg.

Nicole Kadji dirige l’Union Camerounaise des Brasseries depuis 2010, tandis que Gilbert Kadji est à la tête de la Société des Céréales du Cameroun, autre pilier du conglomérat familial. Tous deux avaient été progressivement préparés à assumer des responsabilités stratégiques bien avant la disparition de leur père.

Le lancement de cette nouvelle offre vise un segment en forte croissance : les boissons prêtes à consommer, adaptées aux modes de vie urbains et à une clientèle jeune. Si les marques concernées n’ont pas encore été officiellement dévoilées, le projet témoigne d’une volonté affirmée de renforcer la présence régionale du groupe.

Pour comprendre cette nouvelle phase de développement, il faut revenir sur le parcours de Joseph Kadji Defosso. Originaire de Bana, dans l’ouest du Cameroun, l’homme d’affaires a quitté son village à l’adolescence pour rejoindre Douala, principal centre économique du pays. Après des débuts dans le commerce du tabac et l’exportation de matières premières, il fonde en 1972 l’Union Camerounaise des Brasseries.

Cette entreprise entre dans l’histoire économique africaine comme l’une des premières brasseries d’Afrique subsaharienne créées et détenues par un entrepreneur africain. Au fil des décennies, le groupe se diversifie dans plusieurs secteurs : industrie plastique, production céréalière, assurances, hôtellerie, restauration, transport maritime, logistique et distribution.

Selon une estimation publiée par Forbes en 2016, la fortune familiale dépassait 114 milliards de francs CFA, soit l’équivalent d’environ 205 millions de dollars. Aujourd’hui encore, le groupe figure parmi les plus importants conglomérats privés d’Afrique centrale.

L’expansion des boissons en Afrique de l’Ouest s’explique par plusieurs facteurs économiques

La région compte parmi les espaces démographiques les plus dynamiques du continent. Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal enregistrent une urbanisation rapide et une croissance continue de la classe moyenne urbaine.

Selon les données de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, l’augmentation du revenu disponible dans plusieurs grandes villes favorise la consommation de produits transformés, notamment les boissons emballées.

Les boissons en canette répondent particulièrement à cette évolution des habitudes de consommation. Elles sont faciles à distribuer, adaptées aux circuits modernes de vente et appréciées par une clientèle jeune qui représente une part importante de la population ouest-africaine.

Cependant, ces marchés restent très concurrentiels. Le Groupe Kadji devra faire face à des acteurs bien implantés tels que le Groupe Castel ou encore Nigerian Breweries. La concurrence porte non seulement sur les prix, mais aussi sur la distribution, la visibilité des marques et la capacité à répondre rapidement aux attentes des consommateurs.

L’essor de l’expansion de boissons en Afrique de l’Ouest intervient également à un moment favorable pour les échanges régionaux. La Zone de libre-échange continentale africaine vise à réduire progressivement les barrières commerciales entre les pays africains et à faciliter la circulation des biens sur le continent.

Pour un groupe industriel qui dispose déjà d’unités de production au Cameroun, cette évolution peut réduire certains coûts liés à l’exportation et améliorer l’accès aux marchés voisins. Les économistes considèrent d’ailleurs que l’agro-industrie et les boissons figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier le plus rapidement de l’intégration commerciale africaine.

Cette évolution pourrait permettre aux entreprises africaines de gagner des parts de marché face aux importations extérieures en renforçant les chaînes de valeur régionales.

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