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Hasnae Taleb : la signature de l’Atlas en finance

Hasnae Taleb : la signature de l’Atlas en finance

Hasnae Taleb Hasnae Taleb
Hasnae Taleb, fondatrice et managing partner de Mintiply ©️Capital Forbes Afrique

L’analyse des graphiques boursiers, le langage de la volatilité et les mécanismes des algorithmes : Hasnae Taleb a tout appris seule. Partie du Maroc à 17 ans sans fortune ni réseau, elle a forcé les portes de Wall Street avant de fonder Mintiply Capital à Dubaï. Portrait.

Née dans une famille modeste de Khénifra, dans le Moyen Atlas marocain, Hasnae Taleb a quitté le Maroc à 17 ans avec un dossier scolaire et peu d’autre chose. Première femme trader à sonner la cloche de la bourse d’Abu Dhabi, elle gère aujourd’hui des actifs stratégiques et transmet son expertise à la télévision. Un parcours d’une honnêteté radicale, construite à l’exacte frontière du sang-froid et de la discipline technique. 

Enfant, Hasnae Taleb se voyait chanteuse. « Pour toucher les gens avec ma voix », disait-elle. Aînée de trois filles, elle grandit avec la certitude que son avenir se jouera ailleurs. Au lycée, elle commence à postuler à des programmes américains. Sans réseau, sans argent, elle s’appuie uniquement sur ses résultats scolaires.

À 17 ans, son dossier lui ouvre une place au NASA Space Camp via le programme Marshall. Ce n’est pas encore la finance. Mais c’est la première preuve que ce qu’elle a construit seule peut ouvrir des portes que son milieu d’origine ne lui aurait jamais offertes.

Arrivée aux États-Unis pour ses études, elle décroche un MBA en gestion d’actifs et marchés de capitaux à l’Université de Bolton. C’est là qu’elle découvre les marchés financiers. « Je me suis enseigné la lecture des graphiques, le langage de la volatilité et les mécanismes mentaux des algorithmes », confie-t-elle dans les colonnes de Barlamane. Une formation autodidacte, méthodique, menée en parallèle des études.

Elle fait ensuite ses armes chez Morgan Stanley, puis au Nasdaq. Le parcours n’est pas sans accrocs. Difficultés financières, galères de visa, scepticisme lié à son âge et à son genre dans des salles de conseil dominées par les hommes. « J’ai maîtrisé l’art de transformer un « non » en un « pas encore » », dit-elle à Femmes du Maroc.

À 23 ans, elle gagne son premier million de dollars grâce à une stratégie d’investissement fondée sur l’analyse de données, la patience et la gestion du risque.

Hasnae Taleb, Earnings Winners et la première sortie

Hasnae Taleb
Hasnae Taleb, fondatrice et managing partner de Mintiply ©️Capital Forbes Afrique

Avant Mintiply Capital, il y a eu Earnings Winners. Hasnae Taleb cofonde cette société à New York, l’un des scanners boursiers les plus avancés de la place, spécialisé dans l’identification de titres à fort potentiel de croissance via l’analyse technique et la recherche automatisée. Quelques mois seulement après sa création, la société est rachetée par The Roosevelt Investment Group pour 7 millions de dollars. Une sortie rapide, sur un marché où peu de fondateurs atteignent ce stade à cet âge.

Installée à Dubaï depuis 2017, Hasnae Taleb fonde Mintiply Capital en 2022, une société de conseil en banque d’investissement et gestion d’actifs, établie au Dubai International Financial Centre. La structure opère dans plusieurs segments : gestion patrimoniale, capital-investissement, actifs numériques, accompagnement d’entrepreneurs et structuration financière.

En 2025, Hasnae Taleb devient la première femme trader à sonner la cloche de l’Abu Dhabi Securities Exchange. Un geste symbolique, dans une région où les femmes restent minoritaires dans les fonctions exécutives des marchés financiers.

Au-delà des marchés, elle anime Awal Malyoun, une émission télévisée sur l’investissement diffusée sur Al Mashhad TV, et produit sur YouTube une série intitulée Unfiltered Talks, une méditation sans artifice sur la négociation, l’échec et la maîtrise du risque. 

« La représentation compte. Si aucune ne les précède, beaucoup n’oseront jamais entrer », dit-elle à celles qui la regardent de loin depuis Khénifra ou ailleurs. Elle n’a pas encore 35 ans. Ce qu’elle a construit jusqu’ici l’a précédée dans les salles où elle entre.

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